Des rappeurs en jupe chez Givenchy. Des étudiants qui font la queue à l’entrée des défilés, perchés sur des talons aiguille. Le designer Marc Jacobs qui ne quitte plus son kilt noir. Plein de mannequins, sur les podiums, portant des shorts très larges qui leur dessinent des silhouettes androgynes (chez Dries Van Noten, Raf Simons, Thom Browne).

Bref, cela fait plusieurs saisons que la mode parisienne tourne autour de la jupe masculine et de ses avatars. On est loin des essais vaguement révolutionnaires à la Jean Paul Gaultier, des années 1980. Plutôt une manière décomplexée de jouer sur les identités, de mettre du flou et du transitoire dans les définitions trop bien cadrées. Hier, la transgression. Aujourd’hui, les glissements transgenre.

De tous les défilés masculins vus à Paris ces jours derniers, celui de Rick Owens est le seul à avoir présenté des hommes en robe. On y retrouve la patte du designer américain: rock, minimalisme, pureté brute. Plus des tuniques comme celle en photo. Pourquoi la trouve-t-on si belle? Pour son côté moitié rocker décadent, moitié dalaï-lama. Moitié futuriste, moitié primitif. Mi-garçon, mi-fille; autrement dit: un genre d’éternel masculin.