«Ce n’est pas chez moi», insiste-t-elle d’emblée en ouvrant la porte. En effet, Sandrine Pelletier a momentanément posé ses valises dans un petit appartement en sous-location. Car l’artiste est en pleine quête d’un point de chute à Lausanne. Une gageure, ne serait-ce qu’à cause des prix exorbitants. A peine de retour du Caire, où elle a vécu pendant plusieurs années, elle ne décolère pas face à l’absurdité et la dureté du système envers les plus démunis. «Moi, j’ai une famille, des amis, des recommandations… Mais comment font les gens qui sont vraiment dans des situations difficiles?»

On l’attrape donc entre deux visites en groupes, un dossier à remplir pour un studio et la préparation de sa prochaine installation au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne dans le cadre du Prix Buchet. «Nous avons travaillé avec Pascal Moret, un verrier de Cugy sur Fribourg. Ce sera une installation en verre de laboratoire, qui est un matériau somptueux, souple comme une feuille de papier, beau et coupant. Nous allons l’iriser avec des acides, le salir, le brûler et le miroiter. Ce sera une succession de pans comme des vitraux, laiteux et opaques. Doux mais quand même hostile, car c’est la caractéristique de mon univers, qui est plutôt sombre.» La Lausannoise, déjà lauréate en 2020 du Grand Prix de la Fondation vaudoise pour la culture vient d’enchaîner plusieurs expositions, à Vevey, à Sion, et a déjà de nombreux projets en préparation à l’étranger.