Que reste-t-il de nos dessins d’enfant? Le souvenir effacé d’un geste jouissif? Des feuilles jaunies au fond d’un carton? Océane Castanet, elle, perpétue les siens sur des chaussures.

En 2018, cette entrepreneuse française a lancé Amrose, une marque de sneakers tricotées à la main et brodées de motifs naïfs, colorés et joyeux: un cœur, un arc-en-ciel, une pâquerette, un champignon, l’esquisse d’un visage. Autant de traces de ses états d’âme, mais aussi des nôtres, puisque ces baskets inspirées des givehs – des souliers traditionnels perses – peuvent être customisées à la demande. «Je considère chaque chaussure comme une toile vierge sur laquelle on vient peindre», explique cette designer autodidacte, transfuge du milieu de la finance.

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Le beau et le bon

Le crochet et la broderie, elle s’y est mise en regardant des tutos sur internet. Une soif de créativité doublée d’un élan solidaire: les chaussures sont aujourd’hui confectionnées par quelque 300 artisanes au Kurdistan, en Inde, en Roumanie et au Maroc. Océane Castanet les a contactées par le biais d’ONG et d’associations, et formé la plupart d’entre elles. «L’idée est d’aider des femmes qui ont une sensibilité artistique, mais pas l’opportunité de travailler. Elles peuvent rester chez elles, cela leur permet de s’occuper de leurs enfants et d’avoir un revenu.»

Une fois terminées, les toiles des sneakers (environ 1000 points en fil de coton recyclé) et les broderies (en fil de laine française ou italienne) sont assemblées dans un atelier au Portugal avec une semelle en caoutchouc recyclé. Le beau et le bon, en toute légèreté.

amrose-paris.com, disponible au Bongénie.