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Se loger, les astuces des coaches

Avis de spécialistes et pistes pour une recherche d’appartement réussie

Beaux volumes. Cuisine agencée. Parquet. Cheminée… Trouver une location adéquate à un prix raisonnable entre Lausanne et Genève est devenu parcours d’obstacles avec déceptions à la clé et temps gaspillé. Pour ne plus être un numéro parmi trente personnes qui patientent, nerveusement, sur le pas de porte ou dans l’escalier, avec un dossier sous le bras, prêtes à foncer à la régie pour s’inscrire sitôt la visite terminée, il vaut mieux connaître quelques ficelles qui permettent de devancer la cohorte de locataires désespérés.

Bonne présentation et bouche-à-oreille

Le futur locataire a tout intérêt à adopter d’emblée les bons comportements pour augmenter ses chances de signer un bail. A commencer par contacter les grandes régies de la place et en n’hésitant pas à y mettre les formes, une évidence sur laquelle insiste Bernard Nicod, président du Groupe Bernard Nicod: «La demande doit être claire, réaliste, le contact agréable et le dossier irréprochable. Ces détails comptent pour nos employées qui sont mises à rude épreuve dans un contexte tendu.» Reste que miser uniquement sur les listes disponibles auprès des agences n’est pas la meilleure stratégie, car les biens sont souvent déjà attribués au moment où elles sont mises à jour, comme le constatent de nombreux candidats au logement.

Internet est un outil utile: les portails de petites annonces gratuites recensent des biens dont les propriétaires annoncent la vacance directement, sans intermédiaires, mais aussi de locataires souhaitant résilier leur bail avant la fin. Les sites spécialisés, tels Homegate ou Immoscout, ont l’avantage de regrouper les objets de la plupart des régies. Le bouche-à-oreille et les sites de réseaux sociaux faisant circuler les informations sur les logements sur le point de se libérer sont très efficaces. Avoir une longueur d’avance sur les avis officiels demande une grande disponibilité mais accroît de façon significative le taux de réussite. Comme en témoigne ce jeune couple: «Quand nous avons décidé d’habiter ensemble, nous recherchions un trois-pièces lausannois. En discutant avec notre concierge, nous lui avons demandé de nous avertir dès qu’un objet de ce type se libérerait dans l’un des trois immeubles dont il s’occupait.» C’est ainsi que trois mois plus tard, ce couple emménageait dans l’appartement de ses rêves.

«Tous les moyens de s’informer en amont sont bons, insiste Guillaume Fracheboud, coach en immobilier à Genève. Comme de repérer des chantiers de logements neufs ou en rénovation ou de noter les noms des régies et de leur demander s’il serait possible de se pré-inscrire.» Depuis un an, avec son associée Rekha Hussein, il aide de futurs locataires à constituer un dossier et cherche pour eux la maison ou l’appartement idéal et organise les visites. En plus des frais d’inscription de 300 francs, ses clients s’engagent à payer environ deux tiers du premier loyer après la signature du bail. «Certains profils passent mieux que d’autres, notamment les cadres dans la finance ou les fonctionnaires. Mais en analysant au préalable le profil des personnes et l’adéquation avec l’appartement recherché, on garantit une certaine fiabilité aux bailleurs qui facilite la location», assure Guillaume Fracheboud.

Des locataires comblés le confirment. Un maçon genevois et son épouse qui cherchaient depuis plus d’une année un plus grand logement ont signé un bail en quelques semaines. Un employé d’une banque privée a emménagé dans l’appartement cossu avec jardin qu’il désirait. Et un couple de cadres a obtenu le cinq-pièces de caractère tant espéré, en plein cœur des Eaux-Vives.

Cette agence genevoise n’est pas la seule à accompagner les locataires en mal de logement. A Lausanne, l’agence Accessimmo prospecte et visite au préalable les biens du marché en faisant un résumé en images, sans frais d’inscription. En cas de concrétisation et de signature d’un bail à loyer, les honoraires s’élèvent à un demi-loyer. Le même genre de services est proposé par certaines sociétés de relocation de l’Arc lémanique qui ont vu leur clientèle d’expatriés baisser et s’adressent désormais également aux particuliers souhaitant changer de domicile, sans disposer du temps ou du réseau nécessaire. Connaissant bien le marché immobilier ainsi que les besoins et le profil de leurs clients, ces intermédiaires sont généralement appréciés des bailleurs qui traitent leurs dossiers parfois en priorité.

«Tout dépend des régies et des propriétaires. L’approche varie en fonction de divers paramètres: la solidité du dossier, la qualité de l’objet visé ainsi que son bailleur. Avoir un contact direct marche avec certains. Tandis qu’il vaut mieux ne pas se mettre trop en avant auprès d’autres régies…», analyse Sarah Mottaz N’Dele, directrice d’Accessimmo. Il faut donc trouver la juste mesure entre s’informer régulièrement et harceler inutilement…

Aides d’agences et biens «VIP»

En parallèle, de plus en plus de régies mettent en place des prestations personnalisées qui facilitent l’accès au logement. Chez Bernard Nicod, la sélection de biens «VIP», un peu ou beaucoup plus chers que les autres objets, tel un deux-pièces et demi meublé à 1350 francs ou une villa de 10 pièces à 17 000 francs sur la Riviera, implique un contact privilégié avec des responsables de location spécialisés. Idem à la Régie de la Couronne qui compte un département «prestige». Le service «privilège» de Foncia s’adresse par contre à tous les budgets, mais il est payant – entre 300 francs et un demi-loyer mensuel – si le bail est signé. «Nos conseillers informent nos clients déjà pris en charge, en primeur, des objets intéressants et organisent les visites. Ils ne garantissent pas l’obtention d’un bail. C’est le propriétaire qui choisit. Mais l’ensemble des services mis en place sécurisent généralement la location», explique Christophe Martignoni, administrateur délégué du groupe Foncia.

Faire appel aux coaches indépendants, aux agences de relocation ou aux services personnalisés des régies peut être une bonne piste, à condition d’être patient. D’autres pratiques voient le jour. Parmi elles, le contact direct avec le propriétaire par le biais du cadastre cantonal, les échanges d’appartements pour autant qu’on obtienne l’accord des gérances, l’inscription dans une coopérative d’habitation et même l’option de l’héritage, puisqu’un bail peut être légué à la personne de son choix.

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