Un jour, une idée

Du seconde main et un peu d’histoire dans une boutique lausannoise

Dans le quartier sous-gare, une échoppe discrète offre de belles pièces: vêtements, accessoires, bijoux de grandes marques mais aussi d’origine plus modeste. Sa propriétaire la tient depuis vingt-deux ans

Passer la porte de la Boutique L (pour «elle», et pour «luxe») à Lausanne, c’est entrer dans un univers soigné, convivial et que l’on sent rempli d’histoires. Nadi Ansari a repris la boutique il y a vingt-deux ans. Elle était de retour en Suisse, où elle avait fait ses études, après quelques années passées en Iran, son pays d’origine. «L’échoppe existait depuis cinq ans, elle appartenait à l’antiquaire Carmen Porchet, qui était présidente du Salon des antiquaires de Lausanne, raconte Nadi Ansari. J’étais cliente au magasin et j’y donnais quelques coups de main. J’ai fini par le reprendre.»

Un large choix

Sur place, un large choix: vêtements, accessoires, chaussures, mais aussi bijoux, le tout mis en valeur par un espace tout en parquet, sur lequel trône un élégant miroir en bois sur pied. «Nous recevons parfois des biens de succession de la part de familles qui ne souhaitent pas s’en occuper, confie la gérante. Nous recevons aussi des stocks de magasins qui ferment. Mais la plupart du temps, ce sont des clientes qui viennent déposer leurs pièces et, une fois qu’elles sont vendues, nous les payons.»

Des pièces qu’on ne trouve pas sur le marché

Ainsi, les habits que l’on peut trouver à la Boutique L s’avèrent très divers: «Nous avons des grandes marques de luxe qui deviennent bon marché, comme du Chanel, du Hermès ou du Dior, mais aussi des pièces plus modestes que l’on vend à 20 francs. On fixe le prix ensemble, précise Nadi Ansari. La boutique prend entre 20 et 50% de la somme.»

Au sujet du «seconde main», Nadi Ansari a beaucoup à dire: «Aujourd’hui, il y a l’idée que c’est une sorte de recyclage qui permet aux objets de continuer à vivre. Mais le second hand permet aussi d’obtenir des pièces intéressantes qu’on ne trouve pas forcément sur le marché, cela ne signifie pas qu’on ne peut rien s’offrir de nouveau.» Elle nous donne même un petit cours d’histoire: «Il faut se souvenir qu’à l’origine, on en portait parce que ça faisait mieux que le neuf. Du neuf voulait dire qu’on avait acheté l’habit pour l’occasion, ce qui sous-entendait qu’on n’avait pas eu d’autre occasion de le porter. On choisissait le seconde main pour une question d’apparence.»


Boutique L, avenue du Rond-Point 3, Lausanne, tél. 021 617 31 70, lu-sa 11-18h.

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