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Le «tea time» du Peninsula se tient tous les après-midi dans le lobby aux accents Art déco de l’hôtel.

Voyage

Shanghai, hors du temps

La mégalopole aux 5000 gratte-ciel jongle entre son envolée verticale, son héritage Art déco et ses traditions chinoises

Il est 5h30 du matin, des cerfs-volants virevoltent dans une brume qui peine à se lever. Sur l’esplanade du Bund, un groupe de retraités, casquette vissée sur la tête, pivotent leurs bras dans un mouvement lent et fluide. Ces citadins matinaux pratiquent le tai-chi, un art martial chinois qui favorise le calme intérieur. De l’autre côté de la rivière Huangpu, les enseignes publicitaires sur les gratte-ciel s’éteignent enfin.

Bienvenue à Shanghai, ville des contrastes où le contemporain s’est enraciné dans le souvenir d’une civilisation ancienne. La mégalopole côtière jongle en effet entre son patrimoine et sa folie architecturale. Dès le début des années 90, l’extension du «Paris de l’Orient» passe de l’horizontale à la verticale, faisant de Pudong un musée de l’urbanisme. Ce poumon économique de la Chine se glorifie de posséder aujourd’hui 5000 gratte-ciel dont son iconique tour de la télévision (L’Oriental Pearl, 468 m), et derrière elle le bien nommé «Décapsuleur», qui abrite le centre mondial des finances. 


Immersion historique

Voilà qui contraste avec les bâtiments Art déco rénovés, caractéristiques de l’architecture occidentale, de la promenade touristique du Bund. En novembre dernier, Shanghai accueillait un congrès mondial autour de ce mouvement artistique né en 1910. Organisées dans les quartiers préservés des bulldozers, des promenades à thème partaient à la découverte de trésors cachés. Ainsi dans l’ancienne concession française, entre deux allées de platanes, les joyaux du siècle passé se sont dévoilés: une poignée de porte, une cage d’ascenseur, un lustre, une façade.

Nombreux sont les hôtels légendaires à reproduire le mobilier et le design de cette époque. L’Art déco symbolisait le progrès et la modernité. L’histoire salue Victor Sassoon, un riche promoteur immobilier qui importa ici l’élégance européenne dans les années 30. Grâce à lui, le Peace Hotel se dresse comme l’un des incontournables héritages de cette période. Après plusieurs décennies d’un communisme autoritaire, son Jazz Bar brille à nouveau de tous ses feux et ne désemplit plus le soir. Dès 19h, les musiciens, tous octogénaires, engoncés dans leur smoking, rejouent les classiques dans un décor presque d’origine. Un peu plus loin, le Peninsula, ouvert en 2009, adopte lui aussi le style géométrique en proposant à ses clients une immersion dans la Shanghai historique, confortablement lové dans une Rolls-Royce Phantom de collection de 1934.


Néobistrots et tapas

A Shanghai, la tradition chinoise se cache dans le riz gluant à la vapeur surhaussé de porc effiloché que l’habitant engloutit attablé dans une échoppe fumante de la vieille ville. Au jardin Yu, les pavillons en bois sont ornés de dragons, de guerriers ou de monstres et témoignent avec les arbres centenaires du passage du temps. On imagine le bruissement des robes en soie des concubines sur les sentiers serpentant entre les étangs remplis de poissons rouges. Dans le temple du Bouddha de jade fondé en 1882, les klaxons des voitures deviennent anecdotiques. L’édifice accueille le pèlerin qui, un bouquet d’encens à la main, vient brûler ses péchés avant de replonger dans la folie moderne.

Si la ville chinoise évite les rides et prône le lifting en faisant parfois table rase de son histoire architecturale, dans l’ancienne concession française, le musée de la maison Shikumen permet de découvrir le mode de vie de la bourgeoisie des Années folles. Certaines de ces maisons traditionnelles, qui ne dépassent pas les deux étages, subsistent aussi dans les ruelles commerçantes de Xintiandi. Autrefois le lieu de Shanghai la sulfureuse, c’est aujourd’hui l’endroit des terrasses et des néobistrots branchés qui ne désemplissent pas, accueillant à l’heure de l’apéro bobos et hipsters locaux autour d’un verre de vin ou de tapas espagnoles hors de prix.


Quartier d’art

On hèle un taxi. Le chauffeur lit notre carte. Il y est indiqué en chinois que l’on veut se rendre au M50. La ville se traverse rapidement grâce à l’embranchement de routes à plusieurs voies pour la plupart surélevées. Cet ensemble de bâtiments consacrés à l’art contemporain regorge de galeries. Au 50 Moganshan Road, la scène artistique florissante s’expose ainsi que son design. Les amateurs d’art coupleront la visite avec le MoCA, première institution indépendante à but non lucratif de la ville dédiée à l’art contemporain. Situé au cœur du Parc du Peuple, le bâtiment vitré a accueilli les rétrospectives Dior, Chanel et Pixar ainsi que les expositions en solo de l’artiste chinois Tan Wei et de la Japonaise Yayoi Kusama.

La nuit tombe, les néons se remettent à battre au rythme d’un métronome sur les gratte-ciel du quartier des finances. La jet-set locale se presse sur le Bund, la Mecque nocturne du divertissement. Les queues se forment devant les ascenseurs des terrasses les plus courues de la ville. Parmi ces adresses, le Swatch Peace Art Hotel ou le Bar Rouge proposent des cocktails multicolores avec en toile de fond le skyline de Pudong. Clientèle chinoise et expatriées se trémoussent aux sons électroniques d’une DJette. L’esprit cosmopolite brille comme dans les années 30. Un vaisseau spatial survole la rivière. Ce n’est qu’un cerf-volant de papier sur lequel un dragon crache du feu. Il est déjà 5h30, Shanghai ne se couche jamais. 

Y aller

Air France et KLM offrent 13 et 10 vols hebdomadaires de Genève à Shanghai via leurs hubs de Paris Charles de Gaulle et Amsterdam Schiphol. Prix au départ de Genève à partir de 850 CHF aller / retour.

Y dormir

 Le Peninsula Hotel, un havre de paix au design Art déco installé sur le Bund. Parfait pour admirer la tour Oriental Pearl depuis son lit ou sur le bar du rooftop après quelques brasses dans la piscine. shanghai.peninsula.com.

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