Une impression d’enfance. Le sentiment, très net, d’avoir cinq ou six ans et de se retrouver dans un paysage riant, type jardin fleuri ou chute d’eau en forêt. Un plaisir profond, mais loin de toute transe sexuelle. Plutôt un retour, doux, dans un paradis perdu. Eric Gygax n’est pas un magicien, mais un thérapeute shiatsu. Il exerce à Genève, aux Eaux-Vives, tout près du Parc Lagrange et opère par étirements des membres ou par pressions lentes et soutenues. Pourquoi, ce jour-là, alors qu’il appuyait avec concentration sur ma cheville, pourquoi cette sensation d’eden des origines? Sans doute parce que le shiatsu est diablement efficace pour dénouer les tensions, faire circuler les énergies et rééquilibrer le corps.

En Europe depuis les années 1980

Originaire du Japon où elle est apparue au début du XXe siècle, cette technique est arrivée en Europe dans les années 80. D’abord en Angleterre, puis en Allemagne et en Suisse. D’après Eric Gygax, le centre de Kientalerhof, dans les montagnes bernoises où il s’est lui-même formé, est une référence. La France? Elle s’est mise bien plus tard à cette thérapie qui est devenue très courue dans les années 2000 et permet «à la conscience de réintégrer son habitat».

Comme souvent, les Etats-Unis ont montré la voie en ouvrant les premiers centres shiatsu au milieu des années 1970. C’est que cette thérapie a eu son moment de gloire dans les années 1950, lorsque Marilyn Monroe, en voyage au Japon, a bénéficié des talents de Tokujirō Namikoshi, premier thérapeute shiatsu à recevoir une licence officielle du ministère de la santé nippone en 1955. Poupoupidou.

Que soigne le shiatsu?

Au fait, que soigne cette méthode? «Comme cette technique tonifie et harmonise dans l’organisme la circulation du Ki, l’énergie vitale, elle guérit beaucoup de choses», commence Eric Gygax. «Dans ma pratique que j’exerce au sol pour travailler avec le hara, centre de gravité situé au-dessous le nombril, je traite essentiellement des maux de dos, la maladie de l’époque, des migraines et des troubles digestifs. Mais je me souviens avoir aussi réussi à enrayer une maladie de peau très tenace. Ou, plus joyeux, à provoquer un accouchement chez une femme qui devait subir une césarienne. Grande satisfaction encore avec des adolescents ou des jeunes adultes assaillis par des idées noires et qui, après quelques séances, ont à nouveau l’envie de se lever le matin, trouvent un travail, prennent leur vie en main.»

Contrairement au yoga, discipline à majorité féminine, il n’y pas de patient type pour le shiatsu. «Je soigne aussi bien des enfants que des personnes âgées. Des hommes que des femmes. Il m’est aussi arrivé de traiter des handicapés physiques et mentaux. Même d’ailleurs des gens tout à fait bien portants. Comme cette technique, qui opère sur l’harmonisation des méridiens, est tonifiante et régénérante, elle profite à tous. Largement.» Poupoupidou.

A Genève: Centre Do-shiatsu,
Eric Gygax, rue de Soleure 2, Genève, +41 (0)79 308 13 17,
http://shiatsu-do.ch

 Dans le canton de Vaud: Anne Tardent, av. du Clos-d’Aubonne 17, 1814 La Tour-de-Peilz,
+41 (0)79 310 01 39