Design

Le siècle des lumières à Genève

La marque italienne Nemo réédite des luminaires de Le Corbusier et de Charlotte Perriand

La marque italienne Nemo réédite des luminaires de Le Corbusier et de Charlotte Perriand. Lorsqu’il ouvre l’école du Bauhaus à Weimar en 1919, l’architecte allemand a un plan. Pour lui, toutes les catégories des métiers d’art doivent converger vers un seul but: produire de l’harmonie intérieure en restant simple et bon marché. A l’époque, l’architecte porte donc aussi la casquette de designer. C’est lui qui conçoit le mobilier qui va occuper les espaces dont il est l’auteur. Certaines pièces vont ainsi devenir des icônes de la modernité.

Le boom du style vintage il y a quelques années a motivé les rééditions de ces objets mythiques, souvent destinés à l’origine à des institutions ou à des collectivités. Pour les marques, ces relances commerciales sont aussi une manière d’assurer leurs arrières en période de crise avec des objets n’ayant plus besoin de faire leurs preuves. Et pour le client, d’avoir accès à un peu de l’esprit du temps, mais sans dépenser les sommes extravagantes qu’atteignent parfois les pièces originales. Jean Prouvé, Charlotte Perriand et Le Corbusier figurent ainsi parmi les créateurs que les collectionneurs et les amateurs de design s’arrachent. Partant, ce sont aussi eux dont le patrimoine réédité est le plus jalousement entretenu. La marque suisse Vitra gère celui du premier. Historiquement, c’est la maison italienne Cassina à qui revient le droit de reproduire les créations des deux seconds, leurs meubles mais aussi leurs luminaires à travers son label Nemo. Label dont le fabricant milanais s’est séparé en 2011 et qui vit désormais de manière indépendante.

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En 2006, la marque relançait la fameuse applique de Charlotte Perriand, petite lampe ludique chez qui l’intensité lumineuse se règle grâce à un volet pivotant. Cette année, Nemo ressort la Lampe de Marseille, mais en format mini. Conçu en 1949 pour les appartements témoins de la Cité radieuse, ce luminaire à potence a la particularité de porter un abat-jour double qui donne de la lumière aussi bien par le haut que par le bas. L’entreprise italienne présente jusqu’au 24 décembre ses modèles dans une scénographie d’exposition chez Largo, place des Bergues à Genève. Mais aussi des objets originaux, les prototypes de ses futurs projets et sa spectaculaire, et très sculpturale, édition limitée de l’Escargot, éclairage destiné lui aussi à l’unité d’habitation marseillaise et dont le réflecteur s’enroule comme une coquille de gastéropode.


La Luce, luminaires de Le Corbusier et de Charlotte Perriand, Largo, place des Bergues 3, 022 301 75 00, www.largo-design.ch

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