Un jour, une idée

A Sion, un trait d’union entre cuisine et culture

Le Trait d’Union, c’est l’oasis qui manquait à la capitale valaisanne. Un café-restaurant au milieu des livres, des disques, des DVD, où s’attabler des heures en bouquinant, en écrivant ou en papotant. Un endroit où vous ne dérangez personne si vous restez perdu dans un livre. Un endroit pour boire son café avec un accès presque illimité aux journaux les plus divers devant des fauteuils et des tables basses.

C’est au sein même de la médiathèque de Sion que le Trait d’Union a trouvé sa place il y a six mois, dans les anciens arsenaux à peine rénovés. L’espace est immense et lumineux. Les tables sont assez espacées pour pouvoir se faire des confidences, l’acoustique bien maîtrisée pour qu’il ne faille jamais élever la voix ni tendre l’oreille.

C’est à l’heure de midi que le restaurant se révèle. Des assiettes du jour à 15 francs, préparées avec des produits frais, du terroir et cuisinées par des apprentis de l’ORIF, une institution qui forme et intègre des jeunes en difficulté. Les plats sont donc concoctés par trois apprentis cuisiniers, sous le regard de trois professionnels. Les fourneaux obéissent au chef, Pierre Gerber, un Jurassien qui avait un restaurant bien coté à Delémont. «Je travaille avec un agriculteur de la région qui fait de la production intégrée», explique-t-il. «Ce qui est merveilleux, c’est qu’il a un très bon réseau dans la région et parvient à nous livrer les premières asperges de la saison, récoltées à Saillon, quinze minutes avant qu’elles n’arrivent en cuisine.» L’assiette du jour change tous les midis pour apprendre de nouveaux plats aux apprentis. «Je choisis les recettes en fonction de la saison, de la météo et des examens que les jeunes doivent passer.» Risotto aux asperges et morilles, asperges blanches, moussaka d’agneau, sot-l’y-laisse de poulet aux morilles, paillard de bœuf limousin au pesto à l’ail des ours, crudités avec saumon confit au thym citronné… Tous les après-midi et le samedi matin, des douceurs peuvent aussi accompagner la lecture. «Les plats sont simples pour apprendre les gestes simples, mais nous prenons soin de faire découvrir de beaux produits et de les mettre en valeur.»

Plusieurs personnes sont aussi en formation au service, sous l’œil vif des professionnels. Leur royaume s’agrandira dès l’été, avec une terrasse dans la cour des anciens arsenaux. Un trait d’union entre culture, cuisine et intégration. Un endroit, surtout, où l’on a envie de s’attarder.

Le Trait d’Union, du lundi au vendredi de 8h à 18h, le samedi de 8h à 17h (restauration froide uniquement). Rue de Lausanne 45, 1950 Sion