C’est un déplacement qui vaut amplement le détour; un périple gourmand au cœur de la Savoie. Doté d’une sensibilité hors norme, Sébastien Vauxion surfe sur les cimes avec ses spatules, ses siphons et ses fouets pour offrir de folles créations sucrées. Ses desserts uniques accordent la génoise avec des champignons, le céleri avec une clémentine et le topinambour avec du café. Une inventivité tout en douceur qui n’a pas échappé au Guide Michelin qui vient de décerner au pâtissier de Courchevel une deuxième étoile à son restaurant Le Sarkara. «Quand j’ai reçu la première, l’année dernière, j’avais les jambes qui tremblaient, se souvient le phénomène. C’était la première fois que mon père me disait qu’il était fier de moi.»

Grande gueule

Entre la bûche de Noël chocolat-pistache de sa grand-mère, le millefeuille de son oncle boulanger-pâtissier et les légumes du jardin de ses parents maraîchers, Sébastien Vauxion a grandi dans la gastronomie. Doué à l’école, il renonce pourtant à ses études au seuil du baccalauréat pour se consacrer à sa passion. Adieu bouquins, bonjour ramequins! Reste à convaincre papa et maman. «Ils voulaient que j’aie, non pas un meilleur avenir, mais un parcours plus facile que le leur. Etre maraîcher, ce n’est pas une passion, c’est un sacerdoce.» Après un apprentissage dans sa ville natale d’Orléans, il fait le grand saut parisien en intégrant la brigade de Pierre Hermé. A coups de rose-framboise-litchi ou de pistache-orange-nougatine, il découvre les premières associations de goûts et textures. Il quitte ensuite le monde des macarons pour l’univers feutré de l’hôtel Meurice, où officie Yannick Alléno. Avant de tout plaquer sur un coup de tête. «Je suis quelqu’un de fidèle, mais j’ai une grande gueule. Il faut que ça avance, c’est dans mon tempérament.»