Un jour, une idée

De somptueux bouquets de fleurs sur mesure

J’aime les fleurs. Toutes les fleurs, des iris aux pavots, des pois de senteur aux œillets, des giroflées aux lilas, comme on aime toutes les lettres de l’alphabet parce que ensemble elles forment un langage. Celui des fleurs fut exalté au XIXe siècle par les romantiques. Aujourd’hui, il a été perdu mais les fleurs, elles, continuent de parler. «Un bon fleuriste, c’est quelqu’un qui sait traduire une émotion, exprimer ce que le client ne sait pas toujours dire avec des mots. On travaille beaucoup avec le non-verbal.»

Ainsi pense Cyril, qui est venu en 2001 aux roses et tubercules par les arts plastiques et appliqués. «J’étais d’abord attiré par les matières florales, par l’énergie des couleurs.» Quelques années plus tard, c’est à la cuisine qu’il emprunte ses métaphores. «J’imagine un bouquet comme une recette, avec des produits de saison, achetés chez les meilleurs horticulteurs auxquels je reste fidèle.» Une grande partie de sa marchandise provient de Suisse, ensuite de France et d’Italie, un peu de Hollande.

Sa boutique, en hauteur et en angle, commence sur le trottoir. Arbustes, herbes folles et plantes ornementales offrent comme une oasis sur le chemin très urbain qui monte à la Vieille-Ville.

A l’intérieur, les fleurs sont disposées comme sur une photo de classe. Les plus imposantes derrière, les plus menues devant. En surplomb donc, les hortensias avec leur tête de Cetelem, des fleurs de curcuma mauves, des galas presque noirs et les couronnes impériales, jaunes et jaillissantes, les préférées de Napoléon. «Ce sont des fleurs très anciennes que l’on trouve dans de nombreux tableaux de Brueghel. Elles n’ont qu’un inconvénient, elles sentent le chanvre.»

Mais celles qui aspirent tous les regards, ce sont les pivoines corail, pulpeuses et baroques. La saison commence pour elles tandis que celle des anémones et des renoncules, encore si gaies, s’achève bientôt. En contrebas, des brassées de menthe et de romarin, pour donner du vert, de la texture et de l’arôme. Et ces plantes-fleurs, à la silhouette sculpturale, qu’est-ce que c’est? «Des euphorbes, elles sont idéales pour structurer un bouquet. J’aime travailler les matières, comme l’école allemande ou belge, plus proche de la nature, plus écologiste aussi que l’école française.»

Pour Cyril, comme pour ses deux autres fleuristes, Laure et Marion, les fleurs ont un certain pouvoir thérapeutique. «De plus en plus, le travail floristique tend vers le bien-être. Une fleur, ça soigne, par les couleurs, les odeurs.» Chez Trend design & art de vivre, chaque bouquet est unique, fait sur mesure, parfois à domicile. L’équipe porte autant d’attention à l’étudiant fauché qu’à l’oublieux qui achète pour 800 francs de pardon.

Fleuriste, c’est aussi un métier d’artisan et de présence. Si la boutique est design et ses vitrines résolument contemporaines, elle a renoncé à son site internet. «C’était surtout nos confrères qui venaient le regarder. Nous voulons rester une boutique de contact, établir un dialogue avec le client, lui offrir un peu de beauté le temps de faire un bouquet. «Une fleur, ça se regarde, ça se sent et ça se touche.»

Trend design & art de vivre. 5, rue du Vieux-Collège, 1204 Genève. Tél.: +41 22 310 87 27.