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Spa

Les spas romands se mettent au terroir

Des galets de la rivière aux pochons de fleurs alpines, 
en passant par le raisin ou les châtaignes, 
le terroir devient une nouvelle source de richesse 
pour les spas. Du Valais au Tessin, florilège des rituels incontournables

Pendant longtemps, séjourner dans un hôtel spa était l’occasion de découvrir les plus beaux massages du monde. Un lomi lomi comme à Hawaï. Un abhyanga comme à Goa. Un thaï comme à Chiang Mai… Le bien-être passait par les huiles chaudes au parfum de plages et les gestes tirés de cultures où le toucher est roi. Les rituels purement suisses se faisaient rares.

Le plus culte, jamais testé, étant le bain au petit-lait dans une baignoire vintage en cuivre aussi brillante qu’un chaudron de fromager. Posée bien loin des spas, sur l’herbe grasse de l’alpage Le Fenil-aux-Vaux, dans le Pays d’Enhaut. Pas de tisane bio, mais quelques décilitres de vin blanc pour se donner du courage. Et oublier l’odeur de lait caillé qui tire la peau jusqu’à la maison – pour que les vertus hydratantes fassent effet. Une expérience certes plus rustique que chic, mais qui collait à la quête d’authenticité et de supplément d’âme qui nous pousse à consommer local, à faire les choses en conscience et à écouter de jolies histoires…

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A Saint-Luc, en Valais

Une déferlante qui a, depuis, largement atteint la sphère de la beauté et du bien-être, jusque dans les spas les plus luxueux. Car si les soins dépaysants sont toujours à la carte, tout ce qui se rapporte au terroir fait de plus en plus envie. «Nous avons deux massages énergisants aux pierres chaudes, l’un est prodigué avec les pierres volcaniques classiques, l’autre avec des galets ramassés par nos thérapeutes dans le lit de la Navizence, qui coule en contrebas de l’hôtel. Quand je le précise au client, ce dernier choisit presque toujours le second», se réjouit Anne-Françoise Buchs, codirectrice du Bella Tola à Saint-Luc.

Chaque détail, chaque geste, chaque soin mis en valeur dans son spa L’Eau des Cimes fait écho au paysage vertigineux du val d’Anniviers. Avec l’aide d’une botaniste et d’autres artisanes de la région, la directrice et son équipe de thérapeutes ont puisé le meilleur de la nature. A l’image de ces galets ronds choisis pour qu’ils tiennent pile poil entre les orteils, régulièrement exposés à la pleine lune pour les recharger. «Le terroir, ça parle plus aux gens qu’un produit industriel. Ils ont besoin qu’on leur raconte une histoire, celle d’une nature pure, sans artifice: le silence dans le spa, la vue, l’air qu’on respire dehors. Celle de la montagne, la vraie, qui leur permette de se déconnecter de leur routine et de déstresser», poursuit-elle.

Le Rituel d’Anniviers propose tout cela: un soin de deux heures qui comprend un gommage à l’achillée millefeuilles, une plante réputée pour ses propriétés cicatrisantes et nourrissantes qui pousse derrière l’hôtel, suivi d’un enveloppement à la terre de Moiry enrichie d’huiles essentielles au bois d’églantier, d’essences florales et d’eau du glacier, puis d’un massage aux pochons de cinq fleurs d’été (achillée, alchémille, géranium sauvage, pensée, fleur de trèfle). «Chaque élément tiré de la nature est montré. On explique la cueillette des fleurs et celle de la terre glaciaire que nous allons chercher à la brouette, mon mari et moi, au glacier de Moiry, au-dessus de Grimentz, qui sont ensuite séchées au grenier. Et même la manière dont nous confectionnons les pochons avec les vieux draps brodés des initiales de l’hôtel», renchérit Anne-Françoise Buchs, qui a conservé un massage ayurvédique sur la carte mais espère à terme ne proposer que des soins axés sur le terroir.

A Adelboden

Même démarche du côté du Parkhotel Bellevue, à Adelboden. «Depuis 2012, le spa s’est axé sur les points forts de la région. Avec l’aide d’un membre de l’équipe qui connaissait très bien les vertus des essences alpines, nous avons sélectionné les plantes et arbres qui peuvent stimuler ou calmer, dont les effets sont immédiats et puissants, tels l’arolle, le mélèze, la mauve, l’arnica, la rose, mais aussi la lavande et le romarin, que nous cultivons derrière l’hôtel. Nous nous fournissons auprès du droguiste d’Adelboden, Marco Kohler, ou de l’entreprise grisonne Guarda Herbs, afin que tout reste artisanal et médicinal», détaille Franziska Richard, directrice marketing et relations publiques.

D’autres spas font appel à des marques de cosmétique du cru, comme les produits à base de sel des Salines de Bex ou la gamme du Jardin des Monts, à base de plantes médicinales et aromatiques cultivées autour d’un alpage de Rossinière. Cette dernière a séduit plusieurs adresses qui voulaient mettre en avant sa qualité artisanale et biologique dans leurs soins. C’est le cas notamment du très confidentiel spa de l’Hôtel Orselina au Tessin, mais aussi du spa du Gstaad Palace avec lequel Jardin des Monts a développé des huiles de massage Sapin Blanc et Marjolaine, ainsi qu’un gommage corps Sapin Blanc. «Les thérapeutes du spa ont participé très activement à la formulation de ces produits et ont développé un rituel particulièrement énergisant et vivifiant. L’intérêt pour notre herboristerie des montagnes répond à une vraie tendance des spas à offrir non seulement des soins calibrés par de grandes marques que l’on peut retrouver au menu des spas à travers le monde, mais également des soins signature sur mesure, développés en partenariat avec des acteurs locaux et artisanaux, qui laissent place à la créativité et au talent des équipes», confirme Sandy Menoux, en charge de la communication du Jardin des Monts.

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Produits de soin d’ici, consommation locale

Selon Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme, cette tendance des spas à utiliser de plus en plus de produits naturels indigènes va de pair avec celle du consommer local que l’on observe dans la gastronomie. «Avec ces produits, un spa propose à ses hôtes un voyage dépaysant dans les éléments, odeurs, principes actifs issus de la production locale. Ils sont aussi puisés directement dans la nature. Ce sont des matières premières issues de cultures bio ou de cueillettes sauvages, qui agissent comme une source de régénération», observe-t-elle à plus grande échelle.

Les exemples ne manquent pas dans les Alpes. L’Hôtel Bristol de Loèche-les-Bains a imaginé plusieurs soins valaisans inspirés de la vinothérapie, du miel et des plantes locales. A l’Hôtel Ermitage de Gstaad, c’est l’enveloppement de foin humide qu’il faut tester. Aux Thermes de Vals, on trouve là aussi un massage aux pierres chaudes du coin (quartz de Vals) et un autre aux pochons d’herbes des Alpes récoltées dans les alpages alentour. Au Grand Resort de Bad Ragaz, dans les Grisons, la vinothérapie est concoctée avec les raisins issus des vignobles locaux. L’Hôtel Mirabeau de Zermatt propose un massage au miel des Alpes valaisannes. Du côté du Tessin, au Kurhaus Cademario, à Cademario, on se fait dorloter par les pierres, le miel et l’huile de châtaignes de la vallée de la Maggia.
Des rituels vécus par les âmes nature comme les prémices d’un retour aux sources, d’une connexion aux éléments fédérateurs de nos paysages. Sans quitter la table de massage.

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