Ma montre et moi

Stéphanie-Aloysia Moretti: «Je ne subis pas le temps, je l'apprivoise»

La directrice de la Montreux Jazz Artists Foundation raconte le rapport qu’elle entretient avec sa montre et avec son temps

La préparation intensive et conjointe des Montreux Jazz Talent Awards et de la Montreux Jazz Academy, la rédaction de deux thèses (une en histoire et l’autre en histoire de l’art)… A voir les activités de la directrice artistique de la Montreux Jazz Artists Foundation, on imagine une femme stressée. C’est tout le contraire. «J’ai un rapport au temps très élastique. Je l'apprivoise. Je peux m’organiser comme je veux, je peux travailler le soir après avoir été voir un spectacle au théâtre. Autour de moi je vois beaucoup de gens qui subissent le temps. Pas moi. Ça me permet d’avoir de la distance par rapport à pas mal de choses.»

Armée d’un papier d’employée de commerce et enrichie d’un séjour en Nouvelle-Zélande, Stéphanie-Aloysia Moretti est entrée par la petite porte au Montreux Jazz en 1989. Elle est d’abord l’assistante de coordination artistique de Claude Nobs. Dans ce cadre, elle développe l’activité des workshops pendant dix ans. En 1999, elle crée et dirige les très réputés concours de piano solo, voix ou guitare du Montreux Jazz aujourd’hui reconvertis en Montreux Jazz Talent Awards.

Depuis une dizaine d’années, elle a choisi de continuer de réduire son temps de travail pour le Montreux Jazz afin d’étudier l’art sous toutes ses formes. On croise parfois cette esthète avec une drôle de montre au poignet, une Spaceman «Audacieuse», cadeau de son père à sa mère à la naissance de son frère cadet. «C’est une montre de 1974. Elle m’a toujours plu. Elle incarne complètement la vision du futur qu’on avait dans les années 1970. La trotteuse est orange et seuls des matériaux nobles sont utilisés: verre, métal et cuir. A l’époque on ne pensait pas le futur en plastique!»

Cet accessoire unique, elle le porte comme un bijou quand ses tenues vestimentaires s’y prêtent plutôt que comme un garde-temps. «Dans ma vie de tous les jours, je me débrouille avec l’écran de mon ordinateur», conclut Stéphanie-Aloysia Moretti. Au cours de ses nombreux déplacements, elle a eu tout loisir de constater que les horloges publiques ne se donnaient plus la peine d’être précises. «J’aime être à l’heure, alors oui, parfois j’utilise mon téléphone pour vérifier ma ponctualité, mais je fais partie de ces personnes qui sont allergiques aux gens qui ne font que regarder l’écran de leur smartphone.» Enfin, cette montre peu ordinaire est aussi «la juxtaposition d’un univers masculin et féminin, l’univers de la science-fiction traditionnellement l’affaire des hommes qui vient séduire les femmes audacieuses».

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