Numérique

«Swiss Art To Go», les mystères du patrimoine en flânant

Une application, somme des «Guides artistiques de la Suisse», permet de localiser en tout lieu du territoire helvétique les bâtiments les plus marquants, avec notice explicative et audioguide à la clé

Pouvoir traverser l’histoire en même temps que les murs, virtuellement, d’une église, d’un ­hôtel particulier ou d’un musée à l’instant de sa découverte lors d’une déambulation.

Ou encore se concocter en un éclair une balade thématique dans sa ville sans consulter préalablement de guide ou d’encyclopédie, avec la même spontanéité que lorsqu’on décide d’aller boire un café sur une terrasse. Après le lancement de Détours urbains, la carte alternative que chacun peut ali­menter de son savoir d’un lieu (voir LT du 14.10.2013), c’est au tour de la Société de l’art en Suisse de démocratiser l’archi­tecture avec Swiss Art To Go , une application (iPhone et Android) grâce à laquelle le promeneur d’un jour, le touriste ou l’expert va pouvoir s’instruire ou compléter ses connaissances, dans l’immédiateté, sur le patrimoine bâti ou artistique qui l’entoure.

Changement de regard

«Pour la plupart d’entre nous, la culture aujourd’hui n’est plus une obligation sociale, c’est un choix», explique Nicole Bauermeister, directrice de la SHAS ­(Société d’histoire de l’art en Suisse), lors de l’inauguration de l’application à Berne, le 22 octobre dernier. «Swiss Art To Go, dont le prix du téléchargement est de 10 francs, est la réponse à ce nouveau comportement culturel et va changer notre regard sur notre environnement», poursuit-elle.

Plus de 35 000 bâtiments, historiques ou contemporains, ont été répertoriés à partir des Guides artistiques de la Suisse que publie la SHAS depuis 1934, date du ­premier volume de la collection initiée par Hans Jenny, rassemblant des notices élaborées par 300 historiens de l’art profes­sionnels, le tout en cinq volumes dans son édition actuelle.

«Cela fait trois ans que nous travaillons sur cette application. Il a fallu ­numériser les livres, les digérer d’une autre manière pour obtenir cette base de données», s’enthousiasme la directrice, qui souligne le caractère ludique de Swiss Art To Go à l’emploi. «Nous souhaitons surtout satisfaire les attentes des touristes. C’est pour cela que nous avons choisi les critères de tri les plus simples possible. Le but est que quelqu’un qui ne ­connaîtrait rien à l’architecture ait les moyens de la découvrir de manière facile et agréable.»

Ce que suggère un des petits films de présentation qui montre un couple d’amoureux en pleine nature, dont le protagoniste masculin semble plus intéressé par la localisation d’un site en ruine que par sa dulcinée.

Traductions à venir

En effet, grâce à ses différentes fonctions, l’application permet de repérer des bâtiments historiques autour de son point de localisation personnel puis d’en dérouler la fiche descriptive à lire ou à écouter, un audioguide se déclenchant instantanément. Le promeneur se trouvant hors de son canton peut aussi consulter les itinéraires suggérés en fonction du temps disponible, en indiquant ses habitudes: marcher vite ou s’attarder devant les bâtiments. Enfin, un système de recherche à multicritères permet de sélectionner un architecte, une époque, un style, une catégorie de bâtiments (ferme, château, site archéologique) ou encore des caractéristiques artistiques (décors peints, vitraux), les critères se combinant entre eux.

La seule limitation actuelle de Swiss Art To Go consiste dans la barrière linguistique puisque, en fonction du canton où se trouvent les «points of interest» marquant l’histoire de l’art et de l’architecture, les descriptifs sont rédigés en français, allemand ou italien. «Nous visons, à terme, à traduire toutes les notices dans les trois langues nationales ainsi qu’en anglais, mais nous devons rassembler des crédits supplémentaires. Cela va suivre dans les meilleurs délais», affirme Nicole Bauermeister. G. S.

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