L’avenir du maçon

Ce sont-là trois domaines qui jouent aujourd’hui déjà un rôle dans le travail du maçon et qui prendront encore bien plus d'importance à l'avenir. On s’imagine encore souvent que le métier de maçon sur un chantier consiste à assembler des briques avec du mortier. Or aujourd’hui déjà cette représentation est archifausse. Mais il est vrai qu’il faut toujours mettre la main à la pâte.

« L’activité manuelle est l'une des raisons pour lesquelles j’ai opté pour ce métier. Et parce que je peux travailler à l’air libre », dit Nicola Krause, 20 ans, originaire de Schüpfheim (LU). Nicola travaille pour Arnet Bau AG, dans l’Entlebuch. En novembre, dans le cadre du Salon des métiers de Zurich, il sera l'un des cinq finalistes à participer aux SwissSkills Championships et viser le titre de champion suisse des maçonnes et maçons. Un championnat qui, à vrai dire, aurait dû se dérouler dans le cadre des SwissSkills 2020, mais la manifestation a dû être annulée pour cause de Covid-19.

Nicola travaillera-t-il toujours avec ses mains dans trente ans, quand il sera au milieu de sa carrière ? A quoi ressemblera le métier de maçon en 2050 ?

« Les changements ? Enormes ! »

Sur le chantier d’un immeuble locatif à Lucerne, Nicola Krause rencontre deux experts : René Affentranger est le propriétaire et patron d’Eberli Bau AG, mais aussi un membre du groupe de projet pour la numérisation de la Société suisse des entrepreneurs. Et Pierre-Alain Gimmel est contremaître dans son entreprise. Avant d’observer l’avenir, ils jettent un coup d’œil sur le passé. Comment leur univers de travail a-t-il changé ces dernières décennies par rapport au temps où ils étaient eux-mêmes encore des novices sur les chantiers ?

« Les changements ? énormes », assure le contremaître Gimmel. Il décrit les éléments de coque qui, de plus en plus, peuvent être intégrés tels quels, ce qui simplifie bien des travaux. Au début, le scepticisme était général. Allaient-ils tenir aussi bien qu’un mur monté sur place ? Le scepticisme s’est depuis longtemps évaporé.

Directement sur la tablette

Mais il y a un élément surtout qui a gagné en importance sur les chantiers : le numérique. Aujourd’hui déjà, des stations robotisées totales mesurent le terrain, connectées au plan de construction qui n’est plus imprimé mais peut être consulté sur une petite tablette. Sauf que ladite tablette ne ressemble pas à celle que l'on utilise au quotidien : elle est équipée d’une épaisse housse de protection et prend ainsi une allure plutôt massive. Après tout, on est sur un chantier. La sécurité est essentielle et pas seulement la sécurité des hommes mais aussi celle du coûteux outillage.

René Affentranger observe son chantier : « Autrefois, pour faire les mesures, il nous fallait cinq à six personnes. Désormais il n’y en a plus que deux qui travaillent avec les appareils de mesure informatisés les plus modernes. » Mais Pierre-Alain Gimmel le reconnaît : « J’aime quand même bien les plans sur papier en guise de backup. » Cela ne l’empêche pas de travailler souvent et volontiers avec des appareils numériques. « Avant, lorsqu’on avait besoin d’une information imprévue, il fallait retourner au bureau chercher un document. De nos jours, on a tout sous la main, sous forme numérique. « Dans le nuage », complète René Affentranger. Dans le cloud.

C’est à cet instant qu’un homme venu du chantier voisin s’approche du groupe. « Il nous manque une pelle. On peut vous en emprunter une ? » Voilà qui montre qu’en dépit de la numérisation, les pelles restent nécessaires. Et les muscles aussi.

« Le travail manuel doit rester précis »

Cela dit, le préjugé imaginant que, dans ce métier, on ne travaille pas avec des ordinateurs est tout aussi faux que celui qui imagine le maçon se contenter d’aligner des briques. « Au contraire, corrige le candidat aux SwissSkills Nicola Krause qui, pourtant, a fait l’essentiel de sa formation en travail manuel. En dépit de tous les moyens auxiliaires, ça doit rester précis. » Mais le support technique l’enthousiasme : « Qui ne s’intéresserait pas aux nouveautés que la numérisation autorise ? »

Eberli Bau AG va bientôt élaborer un modèle de chantier en 3D et non plus seulement en 2D. « On pourra alors comparer sur place l’avancement des travaux avec le plan tridimensionnel. » On parle à ce propos de « jumeau dual ». Après un temps d’adaptation, le travail à l’aide de modélisations devrait s’avérer plus simple que la lecture de plans. Ces prochaines années, le BIM (Building Information Modelling en jargon technique) devrait être l'un des progrès les plus notables du travail sur un chantier. Et toujours à propos de 3D, l’impression 3D d’éléments de construction s’impose elle aussi, lentement mais sûrement.

« Les transformations d’immeubles se multiplient »

Et à long terme ? Le maçon verra-t-il dans vingt ou trente ans ces modèles dans ses lunettes de réalité virtuelle ? La réalité virtuelle pourrait lui indiquer où doit se situer un mur ou un autre élément de construction. Passionnant ! Mais pour nos experts sur place, l’enthousiasme pour cette innovation est encore tiède : cela paraît bien loin.

Quoique débutant dans le métier, Nicola Krause observe une tendance lorsqu’il contemple son chantier de Lucerne. Une villa a été rasée, laissant un terrain extrêmement bien situé avec vue sur le lac. « C’est un bon exemple de l’avenir dans la construction. Une maison neuve posée sur un espace vert sera toujours plus l’exception. Les villes sont densément construites, nous devrons les densifier encore par de nouveaux immeubles de remplacement. Densification et transformations deviendront toujours plus fréquentes. »

Malgré tous ces changements en vue, il est sûr d’une chose : même en 2050, le maçon travaillera encore avec ses mains.

Le monde du travail se modifie à une allure folle, notamment en raison de la numérisation de multiples branches. Dans une série intitulée SwissSkills 2050, se demande : comment les apprenants d’aujourd’hui se préparent-ils à l’avenir de demain ?


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Cela ressemble à une simple longue-vue pour admirer le panorama. Or une telle station robotisée totale coûte un montant à cinq chiffres.