Rhabillé pour l'été (7/7)

«Tie-dye», le grand retour

Chaque lundi de l’été, «Le Temps» raconte l’histoire de ces accessoires de mode qui font les joies de la belle saison

Prenez un morceau d’étoffe, bardez-le d’élastiques façon paupiette, couvrez-le de teinture pop et laissez le tout sécher tranquillement entre six et huit heures. Libérez ensuite le tissu de ses entraves et observez le chef-d’œuvre. Voilà, vous venez de réaliser un tie-dye maison (traduisez «teinture par nouage»), selon une technique apparue visiblement dans l’Amérique précolombienne, avant d’essaimer partout ailleurs, en Afrique et en Asie.

En Occident, ces textiles décorés ont surtout été popularisés par les mouvements hippies des années 60-70. Avec ses motifs psychédéliques, le tie-dye symbolise les années pétard, celles de l’amour libre et des manifs contre la guerre au Vietnam, des retraites spirituelles à Ahmedabad et de la jeunesse qui se rebiffe. Bref, pour nos parents, voire nos grands-parents, porter du tie-dye, c’était participer à toutes les révolutions. Les années 80 vont bientôt renvoyer toute la panoplie des babas au vestiaire. Avec le batik et le macramé, le tie-dye appartient à ces travaux manuels de la décroissance dont la société surcapitaliste ne veut plus jamais entendre parler.