un jour, une idée

Tiffany & Co. ou le luxe démocratisé

Entrez sans appréhension, vous êtes ici chez vous. Une boutique joaillière qui vous accueille comme dans une maison de famille, vous en connaissez beaucoup?

Un jour, une idée

Tiffany & Co. ou le luxe démocratisé

Entrez sans appréhension, vous êtes ici chez vous. Une boutique joaillière qui vous accueille comme dans une maison de famille, vous en connaissez beaucoup? Audrey Hepburn, la Holly Golightly du film de Blake Edwards en 1961 s’y réfugiait déjà: «Rien de fâcheux ne peut vous arriver dans un endroit comme celui-ci», disait-elle. En robe de soirée Givenchy, la call-girl aux manières d’enfant s’arrêtait net devant les vitrines de l’institution new-yorkaise sur la Cinquième Avenue, aux premières lueurs du jour, hypnotisée par le feu des diamants.

La mythique maison vient d’inaugurer sa nouvelle adresse à Genève. Un monolithe rayonnant place du Rhône avec ses baies vitrées à 360° sur la ville et le lac dont les eaux calmes en arrière-plan font écho au fameux bleu turquoise signature de la marque. Sur 350 m2 d’espaces d’exposition, des pièces uniques de haute joaillerie à la nouvelle collection horlogère CT60 (rappelant que Tiffany avait sa manufacture place de Cornavin en 1874) en passant par des lignes de créateurs (dont Elsa Peretti et Paloma Picasso), ici l’on peut déambuler comme dans un grand magasin, rêver devant des parures à plusieurs millions et, en passant, se laisser happer par l’éclat d’une bague en argent de quelques centaines de francs.

Dès l’entrée spacieuse de marbre et de bois chaud, l’escalier à double révolution accompagne le visiteur comme s’il se trouvait sur le perron d’une habitation et l’invite à accéder aux étages supérieurs où sont exposées les pièces les plus abordables.

Et où trône, pour quelques semaines seulement, au cœur d’un salon privé, le fameux Tiffany Diamond, un diamant jaune de 128 carats extrait en 1887 dans une mine d’Afrique du Sud. Melvyn Kirtley, chef gemmologue, évoque l’histoire de ce joyau exceptionnel qui n’a jamais été vendu: «La pierre brute faisait plus de 287 carats. Charles Lewis Tiffany, le fondateur de la maison, la fit analyser de façon à obtenir lors de la taille la brillance la plus spectaculaire. La taille est une étape clé. La première coupe est cruciale, on ne peut plus revenir en arrière.» Et pour transformer le caillou en gemme incandescente, on lui donna une forme «coussin» à 80 facettes (alors que la norme était de 57). «Chez Tiffany, on n’a pas peur de tailler beaucoup pour obtenir le maximum d’éclat, quitte à perdre la moitié des carats.»

Une irradiation particulière que l’on retrouve dans le sertissage des solitaires, le «Tiffany Setting»: «Un procédé qui date de la fin du XIXe siècle, explique Lina Tabbara, la directrice de la boutique, le diamant étant enserré de 6 griffes, et serti en hauteur pour refléter la lumière». Petit flash-back. Dans le film, le vendeur acceptait de bon cœur de graver un anneau trouvé dans une pochette-surprise pour 10 dollars. En 2015, rien n’a changé, les amoureux au petit budget peuvent s’offrir une bague de 0,18 carat et vous pourrez repartir avec la jolie boîte bleue et à l’intérieur un bijou d’une valeur de 150 francs à plusieurs millions.

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