La montre en général, et plus particulièrement masculine, véhicule une foule d’informations sur la personnalité de ceux qui en ont fait le choix. Et ce, du fait que les instruments de mesure du temps sont, depuis quelques siècles, le seul bijou qu’un homme peut décemment porter sans susciter d’autre interrogation que celles ayant trait au choix du modèle observé.

Une montre pour rêver d’aventure

Face au besoin de se démarquer toujours plus de la concurrence, le choix d’un dessin pertinent pour un garde-temps est essentiel, car il est la première aspérité qui accroche le regard et permet à la marque d’imprimer visuellement la destination de l’objet. Tant qu’il y aura des hommes qui rêvent d’aventure et de grands espaces, il y aura de la place pour des montres qui symbolisent cet appel du large. Tudor a fait le choix de lancer North Flag, une nouvelle montre technique, robuste et fiable, taillée pour affronter la réalité de la nature brute et s’imposer comme un outil qui ne connaît de frontières que celles de l’imagination ainsi que le courage de son porteur et dotée du premier calibre maison. Une manière de s’affranchir de la maison mère Rolex. Pour écrire la légende de cette nouvelle référence dans la déjà riche collection Tudor, la marque a choisi un terrain de jeu encore pratiquement vierge: celui des Pôles, des glaciers, des zones géographiques les plus froides de la planète. En retenant comme lieu d’inspiration ces étendues reculées que seules les expéditions visitent et où personne ne vit durablement, la maison, fondée le 17 février1926 par Hans Wilsdorf, a opté pour un positionnement radical. Son dessin tendu et son calibre maison permettront à Tudor de s’inscrire dans le cercle très fermé des manufactures.

Désir d’émancipation

On dit que le matériel ne fait pas les héros, mais il n’y a pas d’exploit réfléchi, de victoires ou d’expéditions réussies sans une intense préparation et un choix de produits de qualité sélectionnés pour être les plus adaptés à la mission. La North Flag est donc la première montre Tudor à être équipée d’un mouvement développé et produit en propre par la marque. Ce nouveau mouvement inscrit dans le processus de reconstruction de Tudor est la partie visible d’un projet industriel de grande envergure destiné à offrir une plus grande indépendance à la maison. L’entreprise, dont la production en grande série n’a débuté qu’en 1946, a saisi l’importance de proposer des produits robustes aux sportifs désireux de porter une montre ayant un bouclier pour blason. Consciente du caractère crucial de devoir disposer de calibres robustes et précis, la marque a, jusqu’à présent, fait appel à différents fabricants pour motoriser ses collections et a sélectionné les mouvements génériques les plus fiables. On retiendra parmi les références à remontage automatique le Cal. 390 apparu à partir de 1952. Conçu par la Fabrique d’Ebauche de Fleurier (FEF) et spécialement modifié pour Tudor (finitions, antichocs et rotor spécifique communément appelé «Papillon» en raison de sa forme originale). A partir de 1962 seront également utilisés les calibres ETA 2461 et AS Cal.1895. Ensuite, la référence ETA 2483 s’impose à partir de 1969. Elle se voit supplantée en 1976 par le calibre ETA 2776, lui-même remplacé à partir de 1987, par le calibre ETA 2824-2.

Un calibre qui émancipe

La collection Tudor, reposant sur deux piliers principaux que sont l’héritage et la technologie, arrive donc cette année et pour la première fois de son histoire avec un calibre automatique réalisé à l’interne. Développé et produit selon un cahier des charges très exigeant, le nouveau mouvement baptisé Tudor MT5621 va équiper dans un premier temps le modèle North Flag. Ce cœur se pare de ponts présentant des finitions techniques argentées mates obtenues par sablage. Elles confèrent à ce calibre disposant de 70 heures de réserve de marche une impression de robustesse, augmentée par la présence d’un pont traversant pour son balancier à inertie variable. Battant à la fréquence de 28 800 alt./heure (4 Hz) grâce à son spiral en silicium, il se paie le luxe d’être, pour la première fois chez Tudor, garanti par un certificat de chronomètre édité par le COSC (Contrôle officiel suisse des chronomètres).

Redoutablement efficace, ce mouvement s’observe par le fond transparent du boîtier monobloc de 40 mm de diamètre, réalisé en acier 316L. Du boîtier aux angles droits et à la surface satinée de la North Flag, on retiendra son design aux connotations «scientifiques». Les angles droits de la carrure de la montre North Flag sont amortis par la présence d’une lunette bi-matière associant la céramique pour la tranche à l’acier satiné pour le dessus. Cette première pièce de manufacture Tudor présente un sobre et très lisible cadran noir mat avec aiguille d’heure «flèche», minuterie bâton et trotteuse centrale jaune à la pointe surdimensionnée, dispose également d’une date à sautoir instantané à 3 heures, d’un utile indicateur de réserve de marche à 9 heures et d’un stop seconde permettant de régler la montre avec précision. Cet ensemble très cohérent, disponible en bracelet acier à fermoir déployant de sécurité ou sur cuir surpiqué fermé au poignet par une boucle déployante, fait partie de ces instruments taillés pour accompagner une expédition polaire comme cela fut le cas dans les années 50 lorsque les membres de la British North Greenland Expedition (1952-54) emportèrent des Tudor Oyster Prince dans les froids arctiques.