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Victoria Beckham/La méchante sœur

Et si les people qui nous font rire n’étaient que les duplicata de figures qui ont déjà existé? C’est la question que pose cette chronique. Aujourd’hui: Posh Spice

Et ils vécurent heureux et eurent quatre beaux enfants, riches, polis et bien coiffés.

Ce n’est pas comme cela qu’on imagine que se termine la vie des méchants et des méchantes, dans les contes de fées. Je ne parle pas, ici, de ce qu’il advint à cette dinde perverse appelée Cendrillon. Ni de Blanche-Neige, cette bombe sexuelle déguisée en Mère Teresa du sous-prolétariat masculin. Non. Je parle de Victoria Beckham, ex-membre du groupe des Spice Girls, aujourd’hui à la tête d’une grande marque de luxe respectée et indépendante. Longtemps, dans le cortège des people qui nous servent de modèles ou de repoussoirs, Victoria Beckham, alias Posh Spice, joua le rôle de la méchante – oh, pas une monstresse, non, juste une méchante un peu méchante, celle qui vous dénonce à la directrice des RH ou qui vous toise dans l’ascenseur.

Le retour des spice girls

Ce n’est pas un hasard si, à l’heure où les Spice Girls se reforment pour une tournée mondiale surfant sur la nostalgie d’un girl power innocent et pré-#MeToo, la seule qui n’ait pas rejoint le groupe, ce soit elle. Victoria, dans ce groupe, jouait le rôle que tiennent les horribles sœurs dans l’histoire de Cendrillon: favorisées par la chance mais incapables de tendresse. Dans les contes de fées pétris de morales méritocratiques, ces méchantes sœurs sont censées finir le teint jaune, les pieds froids et le ventre ridé.

Sauf que non. En 2019, Victoria est une femme à la tête d’une marque de luxe remarquable, chic, vaste, vendue dans les meilleurs magasins. Victoria Beckham a sans doute autour d’elle une armée de designers qui travaillent en son nom. Ce qui ne l’a pas empêchée de gagner des récompenses prestigieuses en tant que créatrice de mode ou entrepreneuse. Ni de jouer les muses pour le designer Marc Jacobs. Ni de se moquer d’elle-même en se photographiant, pour une de ses récentes campagnes, la tête et le corps totalement engloutis dans un sac siglé Victoria Beckham.

Née dans la soie

Comme la plupart des méchantes de l’histoire, Victoria Beckham est née dans la soie. Son père fit fortune et emmenait sa fille en Rolls à l’école. Victoria fut une élève bosseuse et douée. De quoi vous inscrire comme la tête à claques du collège. Victoria rêvait d’une carrière comme dans Fame. Ce qui finit par arriver grâce aux Spice Girls. Et à son mariage avec ce David Beckham qu’elle transforma en Barbie tatouée et, surprise, en gentleman respectable. Quand les Spice Girls se séparèrent, sa chanteuse la moins aimée se commit dans plus d’un naufrage – chanson, récit autobiographique. Avant de réaliser son rêve de reconnaissance en fondant sa propre marque de luxe.

Il était une fois une méchante de l’histoire. Qui se mua en vilain petit canard. Qui se transforma en cygne distingué et pacifié.

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