Tout cru

#DWCC #vins suisses

C’est «the place to be», comme on dit à Montreux. Depuis jeudi, la 7e Digital Wine Communications Conference (DWCC) réunit 300 professionnels de la communication du vin dans la ville vaudoise. Une étrange tribu cosmopolite qui enchaîne les ateliers, les conférences et les dégustations dans une ambiance détendue. Pour moi qui jongle entre le print – le support papier – et le Web, c’est une expérience ébouriffante. Ici, tout est digital: on n’écrit pas, on blogue; toutes les informations sont données sur l’application pour smartphone «DWCC 14»; elle permet aussi d’échanger ses impressions entre participants, avant d’élargir son audience via Facebook, Twitter et autres Tumblr.

Au Montreux Convention Center, des as du hashtag – «#» pour les ignares – se succèdent pour détailler les enjeux de la communication sur la Toile. Comment cerner les envies des amateurs de vin, forcément multiples? Comment jouer efficacement le rôle d’intermédiaire entre producteurs et consommateurs? Quelles stratégies utiliser pour améliorer son audience sur les réseaux sociaux? Autant d’enjeux capitaux pour se faire une place au soleil dans un secteur en pleine expansion.

Car entre le vin et le Web, c’est l’amour fou. Il ne se passe pas une semaine sans qu’une start-up se lance avec l’ambition de révolutionner le marché en rapprochant producteurs et consommateurs tout en ringardisant les traditionnels sites de vente en ligne. Le réseau social Vivino.com, par exemple, cosponsor du DWCC, qui réunit la plus large communauté de geeks du vin à partager des commentaires «d’utilisateurs» sur des crus du monde entier. Ou son avatar français Lesgrappes.com, qui ajoute une plateforme de vente directe chez le producteur. Ces Facebook du vin cherchent à attirer des internautes au-delà du cercle des passionnés – un des grands défis du genre.

Pendant ce temps-là, dans nos vignobles, c’est le calme plat. Alors que la reine Elisabeth II a envoyé son premier tweet la semaine dernière, l’écrasante majorité des vignerons n’ont aucune stratégie numérique. Certains domaines n’ont même pas de site internet – si, je vous jure, j’ai les noms. Pourtant, il n’y a pas de meilleur outil que le Web et les réseaux sociaux pour entretenir un lien privilégié avec ses clients à coups de récits, de films et de photos. Une interaction utile à l’heure où la viticulture suisse est souvent résumée aux cas de coupage dans les médias.