Privés des commandes de la restauration, des salons et des dégustations publiques dans les caves de leur domaine, les vignerons romands font face à une baisse considérable de leurs ventes. Et pendant ce temps, les adeptes de chasselas, petite arvine et œil-de-perdrix font la queue pour acheter leurs bouteilles dans les supermarchés…

Des listes regroupées

Pour changer cela, la livraison à domicile vient à point nommé. Dans les quatre cantons romands viticoles, les associations professionnelles regroupent les listes de ceux qui assurent les commandes ces jours. L’Office des vins vaudois incite les amateurs de vin à réinventer l’apéro, acte social essentiel, par vidéoconférence, en confirmant que, dans cette crise du coronavirus, les canaux d’écoulement des vins du pays deviennent rares, et reposent donc essentiellement sur les épaules des consommateurs particuliers.

La ville de Genève, elle, publie sur son site une liste des domaines qui restent ouverts ou qui livrent à domicile. Et ailleurs? Neuchâtel Vins et Terroir recense également les producteurs qui ont pris les mesures nécessaires afin d’approvisionner les habitants. Et le directeur des Vins du Valais, Gérard-Philippe Mabillard, vient de contacter toute la profession pour regrouper les initiatives qu’il mettra en ligne en fin de semaine.

Réserves de la Quarantaine

Parmi toutes les bonnes bouteilles à découvrir dans ce contexte, les Réserves dites de la Quarantaine resteront forcément dans les mémoires. Le vigneron Vincent Graenicher vient de les créer en rebaptisant ainsi des vins qu’il avait déjà mis en bouteilles: deux vins haut de gamme, un chasselas de gastronomie en reconversion bio ainsi qu’un gamay issu d’une vigne aux rendements limités et élevé en barrique.

Imaginer le futur…

«Dans cette période folle, boire local n’a jamais été aussi actuel, c’est très touchant de voir grandir le soutien des Romands, observe le vigneron-encaveur à la tête des Domaines Es Cordelières à Mont-sur-Rolle et de Penloup à Tartegnin. J’ai fait cette cuvée en imaginant que les gens partageront une bouteille dans un futur meilleur, et se raconteront ce printemps irréel à travers ce témoin, ce marqueur de temps.»


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