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Bruce Dickinson, le chanteur britannique d’Iron Maiden, 42 ans de carrière et 100 millions d’albums vendus, est aussi pilote de ligne et instructeur de vol. 
© Pal Hansen / Getty Images

Mobilité

Voiture volante, heavy metal

Chanteur du groupe Iron Maiden, Bruce Dickinson cultive une autre passion: l’aviation. Le Londonien était au Salon de l’auto de Genève pour lancer le Pal-V, la première voiture volante à être commercialisée. Entretien fort en décibels

Il sera de retour le 26 juin à l’Arena avec son groupe Iron Maiden. Mais Bruce Dickinson était déjà à Genève le 6 mars dernier, lors de la journée de presse du Salon de l’auto. Il accompagnait la présentation du Pal-V, annoncé comme la première voiture volante prête à être commercialisée.

Conçu aux Pays-Bas, ce gyroplane à trois roues sera livré à ses premiers clients fin 2019. Il coûtera 500 000 francs dans sa version luxueuse, 300 000 pour un modèle plus basique. Au contraire des projets de taxis volants qui se multiplient aujourd’hui, le Pal-V biplace pourra rouler sur l’asphalte. Son autonomie sera alors de 1000 km, sa vitesse maximale de 100 km/h. Rotor et hélice déployés, il pourra décoller sur une piste de 300 mètres (30 mètres pour atterrir), avec un rayon d’action de 400-500 km et une allure de 180 km/h. La licence de pilote sera obligatoire.

Bruce Dickinson, 59 ans au compteur, est tombé raide dingue de la machine volante. Le chanteur britannique d’Iron Maiden, 42 ans de carrière et 100 millions d’albums vendus, est aussi pilote de ligne et instructeur de vol. Il est le commandant à bord de son propre Boeing pour les tournées du groupe de heavy metal, a fondé une société de maintenance aéronautique au pays de Galles ou encore soutenu la relance d’Air Djibouti.

Au Salon de l’auto, il n’a pas fallu longtemps pour prier Bruce Dickinson de parler du futur des voitures volantes, de sa passion pour le ciel ou de sa méfiance des casques audio à réduction de bruit.

Le Temps: Comment êtes-vous tombé sur le Pal-V?

Bruce Dickinson: Quelqu’un m’a montré une vidéo sur YouTube du véhicule encore à son stade de concept. J’en suis resté bouche bée! J’ai ensuite rencontré Markus Hess, le responsable du développement et des ventes chez Pal-V. C’était à l’occasion d’une conférence que je donnais à l’Alpine Symposium d’Interlaken. Nous avons commencé à parler de mon investissement dans la société britannique Hybrid Air Vehicules, qui met au point des ballons dirigeables. Je parlais d’hélices quand, tout à coup, j’ai réalisé que ce type était un expert en aérodynamique. Je lui ai demandé ce qu’il faisait. Il m’a parlé de son activité dans Pal-V. Je lui ai dit: «Stop! J’ai vu la vidéo. Fantastique!» Il m’a invité à Rotterdam pour voir la machine. J’ai passé deux jours à regarder la construction du châssis, à conduire le Pal-V sur la route, à le tester sur un simulateur de vol.

Qu’en est-il de la sécurité du Pal-V?

Une situation évidente est le soudain mauvais temps, lorsque le pilotage dans les airs devient dangereux. Avec une telle machine, vous atterrissez et vous prenez la route. Quitte à redécoller plus loin, lorsque les conditions météo s’améliorent. En plus, vous avez au-dessus de votre tête un rotor en constant mouvement, qui fait office de parachute, et deux moteurs, dans le cas où l’un d’entre eux devait tomber en panne.

Est-il stable?

Ce type de gyroplane, comparé à un avion, est extrêmement stable. Lors de mon vol d’essai, j’ai été impressionné par cet équilibre. L’instructeur à côté de moi m’a dit à un moment de lâcher les commandes. La vitesse a diminué d’environ 20 km/h, mais l’engin n’a pas bronché. Vous ne pouvez pas faire cela dans un hélicoptère! J’étais stupéfait. Pourtant, je pilote toutes sortes d’avions, y compris mon Fokker triplan qui date de la Première Guerre mondiale. Faire atterrir un Fokker Dreidecker de 1917 est dangereux. La moitié du temps, vous n’avez aucune idée de ce que la machine a en tête. Parce qu’elle date d’une époque où l’aviation était encore primitive. Aujourd’hui, les avions sont très élaborés. Un gyroplane peut tirer parti des progrès accomplis en matière d’aérodynamique ou de résistance aux vents latéraux. Il ne décroche jamais, car le rotor est toujours en mouvement.

Est-ce bruyant dans le cockpit?

Pas mal, oui. Les passagers auront sans doute besoin de porter des casques anti-bruit sur les oreilles. Et alors? Regardez autour de vous. Beaucoup de gens ont désormais des casques à réduction de bruit, connectés ou non à leurs smartphones. Parce que le monde aujourd’hui est foutrement bruyant. Moi, je n’aime pas ces casques. Je veux pouvoir écouter les sons autour de moi. Par sécurité!

Comment cette voiture volante se comporte sur la route?

Vous pouvez aller relativement vite. Elle s’incline dans les virages, parce qu’elle a trois roues et un système carver. Mais elle est stable en raison du poids disposé à l’arrière du véhicule. Elle n’embarque pas dans les virages.

La voiture volante est-elle appelée à se démocratiser?

Pour l’instant, c’est une niche. Nous n’allons pas nous retrouver tout de suite avec des milliers de personnes dans les airs, comme dans le dessin animé des Jetson. Des personnes qui ont des moyens, des responsabilités et peu de temps à disposition pourraient avoir un chauffeur qui viendrait les chercher pour les mener rapidement à un rendez-vous. Pour moi, ce sera un véhicule parfait pour me rendre de terrain en terrain d’aviation. J’imagine déjà la réaction des gens qui me verront pour la première fois à bord d’un Pal-V: «Waouh! Ce truc peut vraiment voler?»

Le Pal-V est-il très polluant?

Comme un véhicule qui consomme de l’essence sans plomb. J’imagine qu’un jour, une version hybride du Pal-V sera développée, avec un moteur à essence et un moteur électrique. Une batterie puissante pourrait donner quelques minutes de réserve de sécurité en vol. Des biocarburants pourraient aussi être utilisés. Ou encore une petite turbine à gaz naturel pour recharger les batteries. Le but est tout de même de tendre vers un bilan carbone neutre.

Vous volez toujours beaucoup?

Pas énormément ces temps. Ce qui ne m’a pas empêché d’amener un Boeing 777 à une opération de maintenance l’autre jour. Je viens de remonter le moteur de mon Fokker. Je pilote aussi d’anciens gyrocoptères, dans lesquels j’ai des parts. Les vieux appareils sont emmerdants. Mais je les aime pour cela. Ils sont tous beaucoup plus vieux que moi. Pour ma part, je ne suis pas encore vintage!

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