L’automobile

La Volante d'Aston Martin, la voiture qui danse dans les virages

Produit glamour de la mythique marque anglaise Aston Martin, la déclinaison cabriolet de la superbe GT made in Gaydon est un must. Ou quand charme anglais et puissance allemande font bon ménage

Qui dit Aston Martin dit James Bond. Et qui dit James Bond dit élégance, glamour, sport et démesure. Inutile de tergiverser: avec l’exceptionnelle DB11 Volante, on tape dans le mille!

A peine arrivé devant le tout nouveau garage Aston Martin Geneva, à Nyon, l’engin capte le regard. Le talent de Marek Reichman, le designer et vice-président de la marque, est indéniable. La «Volante» est bien plus qu’une DB11 à laquelle on aurait retiré le toit. Les lignes sont superbes, pures, envoûtantes. Le plus incroyable? L’arrière, au-dessus du coffre. Une série de «plis» dans la carrosserie qui n’ont l’air de rien, mais qui, une fois la capote enlevée, viennent littéralement sculpter la poupe de la voiture. Ce qui lui donne une classe, une sportivité, une personnalité propre. Tout simplement magnifique.

Pour le reste, la version cabriolet est fidèle trait pour trait au coupé. Quand on a atteint un tel degré de «justesse», il serait idiot de tout chambouler, non? D’une simple pression sur la clé, on actionne le mécanisme qui «remet» le toit en place. Et, une fois de plus, on reste bouche bée: rares sont les décapotables qui, une fois refermées, conservent leur élégance. La Vantage est de celles-là.

Prêts, partez…

Le compte rendu de l’intérieur est tout aussi flatteur. Les sièges en cuir sont ornés de surpiqûres rappelant un peu un coquillage. Les moquettes de sol sont épaisses et moelleuses. Le bois est omniprésent. Dans les portes, il s’insère au millimètre près entre deux morceaux de cuir. Sur la console centrale, un plan incurvé vient cerner une partie métallique. Enfin, dans le dos des sièges, le galbe du bois épouse parfaitement un empiècement de cuir également incurvé.

A lire aussi: La Bentley Continental GT, une anglaise boostée par les Allemands

Mais nous ne sommes pas là pour nous extasier devant une diva inerte, si belle soit-elle. Après avoir enregistré quelques informations sur les particularités de l’engin, on se glisse au volant. Les sièges sont aussi confortables qu’esthétiques. Via une série de boutons situés sur la gouttière centrale, on peut ajuster position, inclinaison, maintien latéral et soutien lombaire à sa morphologie. Volant et rétroviseurs réglés, on presse sur le bouton du starter. Et la magie opère…

A l’assaut de la montagne

Pour des questions de dynamisme, de légèreté et de maniabilité, on a opté pour la version V8. Le concerto n’est peut-être pas aussi démesuré qu’avec la V12 mais, expérience faite, la «petite» se montre bien plus joueuse et habile dans les petites courbes que sa grande sœur. Cap, donc, sur le premier col. En mode normal, la boîte et la suspension font preuve d’une douceur qui permet d’envisager de longs trajets détendus. La protection offerte par le pare-brise et les vitres latérales quand on roule à 80 km/h rend quant à elle l’utilisation du filet anti-remous inutile. Ça tombe bien: l’accessoire est plié dans le coffre, car il doit s’installer manuellement, voiture à l’arrêt.

Le temps d’arriver aux premiers contreforts, le moteur a pris sa vitesse de croisière. Il est temps de passer en mode GT et «manuel», avec commandes au volant. Voilà le conducteur seul maître à bord… Les clapets du pot s’ouvrent et l’échappement manifeste joyeusement ce regain de dynamisme. On durcit d’un cran la suspension et… on laisse le moteur s’exprimer librement. Le sourire est désormais à la hauteur du chant de la V8: XXL. Pas entravée par un train avant trop lourd, la Vantage Volante V8 se met à danser au rythme des virages. L’inscription dans la courbe est d’une précision parfaite tandis que, au gré des accélérations ou du «lever de pied», l’arrière se met à vivre de sa vie propre, conférant à la voiture un comportement très ludique. Du tout grand art.

Moteur signé

Sur les routes de la douce Helvétie hélas, pas question de pousser le tempo plus avant. Mais sachez qu’il existe encore un mode GT + et un cran supplémentaire dans le tarage de la suspension qui permettent de pousser encore plus loin les limites des systèmes de stabilisation du châssis et du correcteur électronique de trajectoire. De quoi s’offrir de joyeuses séances de drift sur circuit… Au bout de quatre jours d’essais, dans toutes les conditions imaginables, on ne peut que louer les qualités de cette superbe sculpture mécanique. Non contente d’être belle, elle sait aussi faire honneur au mythe Aston Martin. Chic et sportive, sans concession.

Avant de la rendre, on n’a pas résisté au plaisir d’ouvrir le capot moteur pour admirer le cœur, d’origine Mercedes-AMG, que les chirurgiens de Gaydon ont greffé dans leur bijou. Merci, monsieur Harrison Bluck (oui, chaque moteur est «signé»…), vous avez fait de l’excellente ouvrage.

Un dernier clin d’œil, pour la route? Devinez un peu la dénomination du pneu que Bridgestone a développé pour assurer les liaisons au sol de cet engin hors du commun? Un Potenza… S007. Evidemment.

Publicité