Le vote aurait dû être historique: après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999, Donald Trump sera bientôt le troisième président de l’histoire américaine à subir un impeachment. Mercredi, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, va mettre en accusation le chef de l’Etat pour «abus de pouvoir» et «obstruction au Congrès». S’ensuivra un procès devant le Sénat en janvier, qui devra décider de sa destitution ou de son maintien au pouvoir. A moins d’un an de la présidentielle, la séquence aurait de quoi faire trembler de nombreux chefs d’Etat. Pas Donald Trump.

Discipline de fer dans les rangs républicains

Jamais la situation n’a paru aussi confortable pour le président américain. Déjà, il s’est assuré un soutien total des sénateurs républicains en faisant régner une discipline de fer dans le parti. Depuis fin septembre et la révélation de son appel controversé au président ukrainien, dans lequel il mettait l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden comme condition à une aide militaire de 400 millions de dollars, Donald Trump n’a cessé de crier au complot et de menacer les républicains tentés par l’opposition. Mitt Romney a été la principale victime de son courroux et a servi d’exemple: sur Twitter, le président est allé jusqu’à le traiter «d’imbécile prétentieux» après les doutes émis par le sénateur républicain à propos de son comportement vis-à-vis de l’Ukraine. Ce dernier est rapidement rentré dans le rang.