Le gouvernement turc planifie la constructiondu barrage d'Ilisu sur le fleuve Tigre en Anatolie orientale depuis les années 80. Dans sa forme actuelle, le projet comprend la construction de 19 centrales électriques. Elles généreraient 1200 mégawatts et contribueraient au développement économique et social dans cette région en créant à terme 3,8 millions d'emplois directs et indirects. Le coût du projet est estimé à 1,2 milliard de dollars. Le financement est assuré principalement par des banques du pays.

Le premier projet d'Ilisu a été déposé en 2002.Il a été rapidement retiré suite à l'opposition des populations locales menacées de déplacement et d'organisations non gouvernementales internationales, dont la Déclaration de Berne. UBS, qui était prête à participer à son financement, s'est rétractée en 2003.

La Turquie a relancé un projet révisé en 2005.Des entreprises suisses, allemandes et autrichiennes ont décroché des contrats pour fournir des équipements et des conseils en ingénierie. Le Conseil fédéral a approuvé, en mars 2006, la garantie contre les risques à l'exportation aux quatre entreprises suisses. L'agence suisse a aussitôt accordé l'assurance, mais a fixé 150 conditions. La Déclaration de Berne s'appuie sur le rapport du groupe d'experts et affirme que le déplacement forcé des populations et la disparition de nombreux villages et sites historiques se poursuivent.