«On y va?» – «Pourquoi pas…» C'est le leitmotiv des survivants de la horde sauvage.C'est sur ces mots qu'ils décident de monter au barouf final, dont nul ne reviendra. Le Festival du film de Locarno donne l'occasion de voir et revoir sur grand écran La Horde sauvage, le plus formidable, le plus crépusculaire des westerns, car il dédie sa rétrospective à Sam Peckinpah (1926-1984). Ce descendant de chef indien a été un des maîtres du genre, dont il a assuré la transition entre l'idéalisme des années 50 et le réalisme des années 70. Avec Major Dundee, Un nommé Cable Hogue, Pat Garrett and Billy the Kid, il met en scène des perdants déclassés par les progrès de la modernité. La violence de son cinéma déborde du Far West avec Les Chiens de paille, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia ou Osterman Week-end.

Hormis la Compétition, dont le détail est annoncé à la mi-juillet, la manifestation tessinoise accueille quelques grands noms du 7e art. Marco Bellocchio, qui, en 1965, présentait son premier film, Les Poings dans les poches, dans le jardin du Grand Hôtel vient sur la Piazza Grande recevoir un Léopard d'or, tandis qu'Edward Norton est récompensé du Prix d'excellence Moët & Chandon pour «avoir incarné des personnages aussi fascinants et complexes que l'époque que nous vivons», dixit Carlo Chatrian, directeur de la manifestation.

La treizième édition de la section Open Doors est consacrée à quatre pays du Maghreb: Algérie, Libye, Maroc et Tunisie. Une douzaine de films issus de ces quatre pays sont présentés et leurs auteurs mis en contact avec un réseau professionnel international. Quant à la cinquième édition de Carte blanche, elle est dédiée au cinéma israélien.

Alors, «on y va?» A Locarno? Cette question! Naturellement qu'on y va.