On peut remonter au 9 juillet 1883. Le conseiller national zurichois Salomon Vögelin dépose alors une motion évoquant la création d'un Musée national. L'idée est inspirée par l'Expo nationale qui s'est tenue dans sa ville. Et qui hébergera le musée, ouvert en 1898. Un siècle plus tard, le Château de Pranginsoffrira une antenne romande à l'institution - Prangins est d'ailleurs en fête ce samedi, pour ses 10 ans d'intégration au musée.

Premier geste culturel fort de la Confédération, le Musée national n'a pas ouvert une immense brèche, ni de torrentiels robinets à subventions. Comme dans l'éducation, la subsidiarité reste le maître mot: cantons et villes restent souverains, et principaux contributeurs.

Au fil des décennies, la Bibliothèque nationale se consolide. La Fondation Pro Helvetia apparaît dans les années sombres de la montée des fascismes, chargée de faire dans l'identité nationale - spirituelle, dit-on - ce que l'armée représente pour la défense du territoire.

C'est le cinéma, avec ses conditions de production particulières, qui bouscule l'édifice fédéral. La Confédération se donne une loi sur le cinéma en 1962. Trois ans plus tard, Pro Helvetia est dotée d'une assise légale. Il y a effusion: en 1975, le Rapport Clottu, Eléments pour une politique culturelle en Suisse, ouvre un large débat. Qui s'oriente vers l'idée d'un article constitutionnel, conférant alors à l'Etat fédéral une compétence nouvelle. Suscitant une initiative populaire, le projet est balayé dans les urnes le 28 septembre 1986, par 75% des votants. L'entrée de la culture dans la Constitution se fera à la faveur de la révision totale de celle-ci, en 1999. La nouvelle loi se bâtit sur cette base. Nicolas Dufour