éditorial

Londres en héritage

Inspirer une génération. Pendant quinze jours, la capitale anglaise a vécu au rythme de ce slogan, pulsé dans chaque artère. Plus qu’épater, transmettre. Plus que briller, insuffler. C’est la mission que s’étaient fixée Sebastian Coe et son comité d’organisation pour ces JO 2012 placés sous le signe de l’héritage.

Du 27 juillet au 12 août, d’une cérémonie à l’autre, il fut question d’ouverture et de mesure. A la grandeur féerique affichée par Pékin, Londres a opposé une fête universelle sans excès. Avec ces Jeux, l’esprit olympique s’est mêlé harmonieusement au quotidien urbain. La ville a incarné la manifestation avec un naturel déconcertant. Ses plus beaux monuments se sont offerts à ces joutes, tels de précieux écrins. Comme à Sydney en 2000, c’est la Londres tout entière, transformée en stade géant, qui a vibré pour ces athlètes du monde entier. Il n’y eut ici ni exode massif d’une population locale peu concernée comme à Athènes; ni artifice gouvernemental visant à occulter une certaine réalité et à éblouir le monde de sa toute-puissance comme à Pékin. Ici, plus qu’ail­leurs, la famille olympique s’est fondue au monde extérieur.

Ce peuple d’insulaires a su accueillir à bras ouverts et rire de lui-même comme il sait si bien le faire. Or rien de tel que l’humour pour relativiser les défaites et tempérer les victoires. Sceptiques avant le coup d’envoi, les Britanniques se sont pris aux Jeux, portés par les exploits inespérés d’un Team GBR très inspiré, séduits par ce brassage international, reflet de ce qu’est finalement leur capitale cosmopolite au quotidien.

«Plus vite, plus haut, plus fort», dit la devise. Plus simple aussi, a voulu démontrer Lord Coe. Avec un visage plus humain, ces joutes planétaires ont donné une impulsion nouvelle, brisant un certain élitisme. Des familles entières se sont déplacées. Le temple de Wimbledon a même entendu des bébés crier.

A l’ouverture, pour allumer la flamme, Londres avait préféré l’anonymat de jeunes athlètes à la notoriété d’une légende. Quelle plus belle image pour inspirer une génération et coller au slogan? L’olympisme peut se réjouir d’avoir Londres 2012 en héritage.

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