Le Contrôleur général de la République Elvis Amoroso, chargé de veiller à la transparence de l'administration au Venezuela, a décidé «d'interdire l'exercice de toute fonction élective au citoyen (Juan Guaido) pour la durée maximum prévue par la loi», a-t-il déclaré à la télévision d'Etat ce jeudi. Cette durée est de 15 ans, a rappelé le responsable de cet organisme jugé proche du pouvoir en place.

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Selon M. Amoroso, Juan Guaido ne justifie pas, dans ses déclarations de patrimoine, certaines dépenses réalisées au Venezuela et à l'étranger avec des fonds provenant d'autres pays. «Il a réalisé plus de 91 voyages hors du territoire pour un coût supérieur aux 310 millions de bolivars (quelque 95'000 francs), sans justifier l'origine de ces fonds», a expliqué le Contrôleur.

Cet organisme avait annoncé le 11 février l'ouverture d'une enquête visant l'opposant. Il a demandé au parquet d'«exercer les actions correspondantes», mais sans plus de précision. L'ancien candidat à la présidentielle de 2013 Henrique Capriles avait été sanctionné de la même façon et déclaré inéligible, ce qui l'avait empêché de se présenter par la suite en 2018.

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Groupe de contact en réunion

Les pays latino-américains et européens du Groupe de contact international (GCI) sur le Venezuela, réunis jeudi à Quito, ont condamné la sanction visant Juan Guaido. Selon Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, cette «décision politique démontre à nouveau l'urgence du rétablissement de la démocratie, la séparation des pouvoirs et de l'Etat de droit». Le GCI qui condamne cette décision appelle à trouver une «solution pacifique et démocratique à la crise au Venezuela», selon la déclaration lue à l'issue de la réunion.

La rencontre du CGI avait «pour objectif central de rechercher, à travers le travail conjoint de différents pays de notre région et de l'Europe, le moyen de faciliter une solution, espérons-le, rapide à la crise au Venezuela», avait déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères, José Valencia, à la presse.

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Le GCI a été lancé le 7 février à Montevideo. Ses membres s'étaient fixé un premier délai de trois mois pour appuyer l'organisation d'une élection présidentielle anticipée et une sortie pacifique à la crise politique qui secoue le pays sud-américain depuis des mois. Lancé par l'Union européenne, il comprend huit pays européens (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Italie, Portugal, Royaume Uni et Suède) et quatre pays latino-américains (Bolivie, Costa Rica, Equateur et Uruguay).