Un 1er janvier pluvieux, Murphy, 25 ans, un Américain à Paris, reçoit le téléphone inquiet de la mère d’Electra, la femme qu’il a aimée trois ans auparavant, et disparue depuis. Devenu père et mari malheureux, Murphy se remémore sa grande passion, détruite par sa faute. Pour donner du sens à cette banale histoire, Gaspar Noé procède de la même manière qu’avec Irrésistible: il déroule, par de fluides flash-back, son film à l’envers. Love est un film-saumon qui remonte le fleuve pour revenir à la pureté des origines – la rencontre des deux amants –, véritable obsession du cinéaste franco-argentin pour qui le temps détruit tout. Entre-temps, il y aura eu de nombreuses scènes de sexe explicites en 3D, crédibles, plutôt douces et belles grâce à un montage qui laisse respirer les plans. En dépit de son côté potache et un peu prétentieux, Love n’est pas le vulgaire film de cul dénoncé par les censeurs mais une lancinante élégie sexuelle, plus mélancolique qu’excitante.