Sous le mot d'ordre «Le monde s'est réveillé face à l'urgence climatique», alors que les températures et les émissions polluantes ne cessent de grimper sur la planète, cette marche pour le climat dans le centre de Madrid est partie de la gare d'Atocha.

Dans la manifestation, à laquelle devait aussi participer l'acteur espagnol Javier Bardem, des pancartes clamaient «Sans planète, pas de futur», «Politiques, la Terre se meurt», «Ce sommet est une farce» ou encore «Le capitalisme tue la planète». Entourée d'une nuée de sympathisants et de journalistes, l'adolescente de 16 ans, devenue l'égérie de la défense de la planète depuis qu'elle a lancé en août 2018 des «grèves de l'école pour le climat», a été contrainte d'abandonner le cortège au bout d'une heure car elle ne parvenait plus à avancer.

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«La police dit que je ne peux pas continuer comme ça (...). Je suis désolée (...). Il y a des raisons de sécurité, il y a trop de journalistes et de gens», a-t-elle expliqué avant de monter dans une voiture.

«Nous ne pouvons pas attendre»

Partie en voilier vers le continent américain pour assister au sommet de l'Onu sur le climat à New York (Etats-Unis) en septembre et à la COP prévue initialement au Chili, Greta Thunberg, qui ne prend pas l'avion, avait dû faire le chemin inverse en catamaran pour revenir en Europe. A Lisbonne depuis mardi après trois semaines en mer, elle est arrivée à Madrid vendredi matin en train de nuit.

«Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps», car «des gens souffrent ou meurent en raison de l'urgence climatique», a martelé Greta Thunberg devant la presse avant le début de la manifestation. «La crise climatique est toujours ignorée par les gens au pouvoir. Ce n'est pas une solution durable que des enfants manquent l'école» pour protester, «nous aimerions des actions de la part des gens au pouvoir».

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«Le changement climatique nous touche tous, nous mais aussi les générations futures. Il faut en prendre conscience, le monde va vers sa fin», a déclaré Paula Sánchez, une Madrilène de 16 ans. Lors de la manifestation, l'«artiviste» genevois Dan Acher a dévoilé un drapeau de 20 mètres sur 30, intitulé «We are watching». Cette oeuvre représente un oeil composé de milliers de portraits venus de 190 pays. Elle entend montrer que les yeux de toute la planète sont rivés vers les dirigeants rassemblés à Madrid pour décider de l'avenir de la Terre.

Soutien du dalaï-lama

Une autre marche était prévue simultanément à Santiago du Chili, où devait se tenir la COP25 avant que le pays ne renonce à l'accueillir en raison d'un mouvement social sans précédent et ne soit remplacé au pied levé par l'Espagne. Le dalaï-lama a apporté son soutien aux manifestants dans un tweet: «Nous ne pouvons plus exploiter les ressources de la Terre (...) sans nous soucier des générations futures. Je soutiens les manifestations des jeunes contre l'inaction des gouvernements face à la crise climatique».

Les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris, qui visait à limiter le réchauffement de la planète à +2°C, voire +1,5°C, et dont les objectifs semblent de plus en plus inatteignables, sont réunis depuis lundi pour deux semaines à Madrid, pressés de toutes parts de fixer des objectifs plus ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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Mais alors que le mercure a déjà gagné 1°C par rapport à l'ère pré-industrielle, amplifiant les catastrophes climatiques, cette réunion, dont le slogan est «Time for action», risque de décevoir les attentes.