Les frères Theo et Karl Albrecht, propriétaires d'Aldi, figurent parmi les premières fortunes d'Allemagne, avec plus de 30 milliards d'euros. Ils ont repris, en 1946, une épicerie familiale fondée en 1913, et inventé le concept «discount». En 1960, ils se partagent le groupe entre Aldi Nord et Aldi Sud. La Suisse fait partie d'Aldi Sud, avec notamment l'Autriche, la Grande-Bretagne et... les Etats-Unis. Aldi Sud emploie 60000 personnes dans 3500 filiales.

Un culte du secret entoure ce groupe qui ne publie pas de chiffre d'affaires et refuse, en Suisse, de signer une convention collective de travail, ce qui irrite les syndicats, en négociation permanente pour faire respecter les conditions de travail.

Septante-six magasins ont été ouverts progressivement en Suisse dès 2005. La Suisse romande en compte six. Le centre de distribution «romand» de Domdidier est conçu pour desservir 80 points de vente. La chaîne, qui vend 80% de produits fabriqués à l'étranger, a fait pression sur les prix et a obligé Migros (qui a racheté Denner) et Coop à adapter leurs stratégies.

Lidl, l'autre discounter «étranger», a choisi une stratégie d'entrée massive et directe en Suisse, et non progressive comme Aldi. Vingt-six magasins, 13% de son objectif, seront ouverts d'un coup au printemps prochain, uniquement en Suisse alémanique dans un premier temps.