Gelsomina vit avec ses parents, un couple italo-allemand, et ses trois jeunes sœurs en Ombrie dans une ferme délabrée où ils produisent du miel. Tenues à l’écart du monde par leur père, qui en prédit la fin proche et prône un rapport privilégié à la nature, les filles commencent à rêver d’autre chose. Les règles strictes qui tiennent la famille ensemble vont être mises à mal par l’arrivée de Martin, un jeune délinquant accueilli dans le cadre d’un programme de réinsertion, et par le tournage d’Au pays des merveilles, un jeu télévisé… Inattendu et généreux Grand Prix du jury à Cannes, Le Meraviglie, deuxième opus d’Alice Rohrwacher après le plus réussi Corpo celeste (2011), a de nouveau une jeune fille pour héroïne sans être plus directement autobiographique. Comme dans le récent Vie sauvage de Cédric Kahn, il s’agit ici d’une vie marginale qui devient pesante pour les enfants qui ne l’ont pas choisie. Et comme dans ce film, la sauce peine à prendre. Jusqu’à cet improbable show présidé par Monica Bellucci, sur une île et en costumes étrusques, qui ne parvient pas à rendre magique ce néoréalisme trop terre à terre.