Le meurtrier présumé de Lucie est passé aux aveux mardi après-midi devant le juge d’instruction du canton d’Argovie. Les autorités ne veulent toutefois pas donner d’autres précisions sur le déroulement de la tragédie pour le moment. Le cuisinier de 25 ans, au chômage depuis quelques semaines, est un récidiviste. En mai 2003, sous l’influence de l’alcool et de la cocaïne, il s’attaque à une collègue de travail qui avait refusé ses avances. L’ayant attirée dans un endroit désert, il la roue de coups, avec un poing américain notamment, et l’étrangle presque à mort. Lors du procès devant le Tribunal de district de Bremgarten, en juin 2004, il déclare qu’il ne voulait pas avoir de relations sexuelles avec elle, mais seulement qu’elle le prenne dans ses bras et se montre compréhensive. Suite à son refus, il était «devenu un animal». Le tribunal le reconnaît coupable de tentative d’homicide. Comme l’accusé n’est pas encore âgé de 25 ans, le juge fait usage de l’article 61 du Code pénal et le condamne à une mesure thérapeutique. Si un jeune adulte souffre de graves troubles de la personnalité qui sont en relation avec son délit, il peut être placé dans un établissement de rééducation. La durée de cette mesure ne peut pas excéder quatre ans.

Le jeune homme, dont on avait appris pendant le procès qu’il avait été victime d’abus sexuel à l’âge de 10 ans, avait commencé à se droguer à l’âge de 16 ans. Il est placé dans le centre de rééducation pour jeunes adultes d’Arxhof (BL).

Une mise à l’essai

Comme l’explique Pascal Payllier, responsable de la division du droit pénal au Département de la justice du canton d’Argovie, le jeune homme est libéré en août 2008, après 3 ans et 51 semaines. Soit une semaine avant la fin ordinaire de la mesure dont il a été frappé. «Nous avons utilisé cette astuce pour pouvoir poser des conditions à sa libération. Ces six jours nous ont permis de soumettre le jeune homme à un temps d’essai de trois ans. Il était suivi par l’organe cantonal de probation.» Pascal Payllier ne veut pas entrer dans les détails de cet accompagnement, une conférence de presse des autorités argoviennes à ce sujet étant prévue jeudi. Le cuisinier avait toutefois recommencé à se droguer, et de ce fait a perdu son emploi.

Lors de l’enquête précédant le procès, la question s’est posée de savoir s’il fallait soumettre le jeune homme à une mesure d’internement, ainsi que l’a indiqué par écrit à la TV alémanique le président du Tribunal de district de Bremgarten, Peter Thurnherr. L’expertise psychiatrique demandée à ce sujet est arrivée à la conclusion que ce n’était pas nécessaire, précise Pascal Payllier. Sur ce point aussi, les autorités argoviennes aimeraient attendre jeudi avant de donner d’autres précisions.