«Sur certains sites olympiques, des panneaux destinés aux athlètes ont été installés, qui sont censés nous rappeler certains principes importants. L’un d’entre eux affirme qu’il est plus important de prendre le départ que de gagner. Mais ça, c’est une immense bêtise.» Mike Kurt (32 ans, 17e au classement mondial) éclate de rire. Les préceptes, très peu pour lui. L’important, ce n’est pas de participer. «Je ne vais pas vivre trois éditions des Jeux olympiques seulement pour faire du tourisme», poursuit-il.

C’est que ses deux derniers voyages, à Athènes et à Pékin, ne s’étaient pas déroulés comme prévu. En 2004, il s’était certes hissé en demi-finales après avoir obtenu le meilleur temps des qualifications, mais il n’avait ensuite terminé qu’à une décevante vingtième place. En 2008, il n’avait même pas surmonté les épreuves qualificatives. «La chance ou la malchance dans le sport de haut niveau, je n’y crois pas trop, lâche-t-il. A Londres, il me tient à cœur de corriger mon bilan olympique.» Dans la capitale britannique, il a tenté d’amasser toutes les cartes favorables. Ainsi n’a-t-il pas participé à la cérémonie d’ouverture, trop tardive. En outre, il ne loge pas au village olympique. «J’ai choisi de prendre mes quartiers dans un appartement à côté du bassin. Le but était d’imiter le fonctionnement qui est le nôtre lors de n’importe quelle autre course. Cela dit, je visite quand même le village à l’occasion, histoire de m’imprégner de l’atmosphère.»

Dimanche, Mike Kurt a intégré avec brio les élus pour les demi-finales du kayak monoplace, qui se tiendront demain, suivies de la finale. «La sixième place que j’ai décrochée est idéale, estime le Soleurois, notamment en raison du dossard qu’elle m’attribue pour la suite.»