La belle Schéhérazade raconte les malheurs qui s'abattent sur son pays, le... Portugal. Révélation du dernier Festival de Cannes (à la Quinzaine des réalisateurs) à en croire tous ceux qui ont réussi à voir ses six heures, le retour de Miguel Gomes après son remarqué Tabu (2012) est assurément un projet hors norme: un film-fleuve en trois parties qui multiplie récits documentaires et fictifs pour tenter de saisir à chaud la réalité de la crise qui a frappé le Portugal au même titre que la Grèce ou l'Espagne. Le résultat serait tour à tour amusant et poignant, usant du témoignage direct, de la satire et de l'allégorie pour dénoncer cette austérité imposée, censée pallier la faillite de tout un système. Et s'il était temps de tourner le dos à une croyance économique inhumaine? De toute manière, une expérience stimulante, par l'un des cinéastes les plus libres de l'heure. Comme en France, une sortie étalée des trois volets est prévue sur plus d'un mois. Ne manquez pas le premier!