Des mini-caméras pour la police tessinoise

Tessin Les caméras montées sur l’uniforme seront testées par les policiers

Une première qui pourrait faire des émules en Suisse

Trois agents blessés, deux arrestations et 52 interpellations, tel est le bilan des échauffourées qui ont opposé des hooligans à la police samedi dernier à Lugano après le match de hockey entre le HC Lugano et les Lions de Zurich. De quoi affermir la volonté du canton de lutter plus farouchement contre les auteurs de violences. La semaine dernière, le Grand Conseil a approuvé à une forte majorité la base légale qui permettra à la police de s’équiper de caméras pour filmer hooligans et autres fauteurs de trouble, et en particulier de mini-caméras fixées sur l’équipement personnel de l’agent, avec micro incorporé.

«Ce système doit permettre d’identifier plus facilement les auteurs de violences et de fournir des preuves tangibles et objectives à leur encontre», explique Norman Gobbi, ministre de Justice et police depuis avril dernier. Des preuves qui pourront aussi être utilisées pour disculper les policiers accusés de violences qu’ils n’ont pas commises, et eux-mêmes de plus en plus souvent victimes d’agressions.

Conscient que le sujet est «très sensible», le département de Norman Gobbi a associé dès le début à l’élaboration de la loi le responsable cantonal de la protection des données. Des garde-fous ont été posés. «Les enregistrements devront être détruits au plus tard après 100 jours, et ils ne pourront être visionnés que par un nombre très limité de policiers sur l’ordre d’un juge», assure le ministre léguiste. Les caméras ne pourront être enclenchées que s’il y a un risque concret et objectif de violences, et leur usage devra être signalé, peut-on lire aussi dans le message au parlement.

Il est prévu de les utiliser avant tout lors de manifestations sportives ou autres manifestations de masse considérées à risque, mais aussi en cas d’intervention délicate de la police pour violence domestique. Un champ d’application qui a laissé sceptique plus d’un député tessinois amené à voter la nouvelle législation. «Qui autorisera et assumera la responsabilité d’enclencher les caméras?» a demandé l’ex-procureur général Mario Branda (PS).

La phase test, qui débutera en principe au début de l’an prochain, et le règlement de police qui suivra devront permettre d’y répondre. Une dizaine de caméras seront vraisemblablement mises en circulation, entre celles destinées à être installées sur les voitures et celles prévues pour être fixées sur l’équipement des agents. Le modèle de ces mini-caméras n’a pas encore été choisi. Aucun chiffre n’est non plus avancé, à ce stade, sur les coûts de l’opération.

«Ce système doit permettre d’identifier plus facilement les auteurs de violences»