Pressés de juger la façon dont Washington peut régler la crise bancaire, les économistes fouillent dans l'histoire. Le souvenir du krach de 1929 a été le premier convoqué. Avant celui de la RTC, fondation de valorisation, qui, entre 1989 et 1995, permit de liquider le passif des caisses d'épargne américaines. L'accent a également été mis sur les hésitations de Tokyo au début de la crise bancaire japonaise.

La dernière référence historique censée fournir la marche à suivre est celle de la crise scandinave. A la fin des années 80, après des années de dérégulation, de taux d'intérêts extrêmement bas et de bulle immobilière, la plupart des banques nordiques croulent sous les prêts irrécouvrables. En 1992, la situation échappe à tout contrôle. En Suède, cinq des sept plus grandes banques sont insolvables, alors que le pays encaisse de plein fouet une crise économique faisant exploser le chômage de 3 à 12%.

Le gouvernement suédois - avec l'opposition sociale-démocrate - crée une fondation de valorisation destinée à écluser les prêts difficilement recouvrables, comme l'envisageait le plan Paulson. Il adjoint à cette dernière un fonds de restructuration de 14 milliards de dollars destiné à injecter du capital dans les banques à genoux et se porte garant des emprunts obligataires des établissements sinistrés. La Norvège prend des mesures similaires et nationalise les trois plus importantes banques du pays. La Finlande, elle, place une quarantaine de banques sous tutelle.

«Il n'y avait pas de montant spécifié dans la loi adoptée par le parlement, et le gouvernement bénéficia d'un mandat très large pour intervenir», rappelait récemment Carl Bildt, ministre des Affaires étrangères suédois, dans les colonnes du Herald Tribune. Selon ce dernier, les moyens mobilisés atteignirent 4% du PIB en Suède - un peu moins que le plan envisagé aux Etats-Unis. «La plupart de cette somme a pu être recouverte», écrit Carl Bildt.