Andrea Caroni 31 ans, PLR/AR

Andrea Caroni n’est pas tout à fait un «nouveau» sous la Coupole. Il connaît les lieux, une bonne partie de la députation PLR et le fonctionnement parlementaire, pour avoir été conseiller de Hans-Rudolf Merz de 2008 à 2010. «Oui, c’est vrai. Je me sens un peu comme à la maison. Sauf que maintenant j’endosse une autre responsabilité. Et savoir que je me trouve là où des députés siègent depuis 163 ans me remplit vraiment d’émotion!» dit-il, le visage lumineux, parsemé de petits points de beauté.

Il dit avoir «adoré» le côté «solennel et très institutionnel» de la cérémonie d’ouverture de la nouvelle législature. Celui qui approuve la légalisation du cannabis et l’adoption par les couples homosexuels ne se dépeint pas comme un homme de dossiers. Il préfère le terme de généraliste. «Certains se donnent des missions. Les miennes sont de défendre le libéralisme et mon canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures, dont je suis le seul représentant au National. Chaque fois que je vote, j’imagine mon canton entier avec moi dans la salle!»

A peine élu, Andrea Caroni a déjà versé dans le côté «people». En acceptant par exemple d’être filmé par une caméra du Tages-Anzeiger online alors qu’il était chez le coiffeur. «Je suis encore jeune, je peux avoir cette liberté. Pour moi, la politique, c’est avant tout le plaisir. Il faut aussi le communiquer. J’aime rire et je ne me prends pas trop au sérieux.» Il s’est d’ailleurs présenté à MusicStar en 2005 et a été éliminé dès le premier tour. «C’était pour me changer les idées pendant mes examens. Je ne chante pas particulièrement bien, mais j’adore la musique. Je fais de la batterie depuis 22 ans». Il a aussi participé récemment à l’émission satirique de Viktor Giacobbo, où son sens de la rhétorique et de la repartie a frappé fort. La Romandie, il la connaît bien pour avoir fait un semestre d’études à l’Université de Genève et pour s’être souvent rendu à Fribourg pour des cours de répétition à la fanfare militaire.

Sa famille – ses parents et leur conjoint respectif, ainsi que son amie – a assisté à son assermentation. «Mais, depuis leurs tribunes, ils m’ont cherché dans la salle durant presque la moitié de la cérémonie, car je n’étais pas à ma place habituelle de scrutateur suppléant», dit-il, en riant.

On le dit brillant – il a fait 5,97 de moyenne à sa matu, a terminé sa licence et son doctorat en droit deux fois avec la mention s umma cum laude et boucle actuellement des études en économie et sciences politiques à l’Université de Harvard. Et très dynamique. Lors de sa campagne électorale, il s’est donné à 200%, y compris à travers des «macaroni avec Caroni». Certains voient donc déjà ce polyglotte appenzellois aux racines grisonnes et tessinoises comme le successeur idéal du président de parti, Fulvio Pelli, en avril prochain. Mais Andrea Caroni coupe court: «Je suis très flatté, mais je ne serai pas candidat. Ce poste doit revenir à un parlementaire expérimenté.»