Plus d'un millier de personnes sont hospitalisées dans différents hôpitaux publics ou privés de Visakhapatnam (Inde) jeudi matin, après une fuite de gaz dans une usine chimique, ont annoncé les autorités locales. Opérée par LG Polymers, l'usine se situe en bordure de la ville industrielle et portuaire de Visakhapatnam. L'agglomération compte une population d'environ 5 millions de personnes.

«Il est toujours tôt le matin et il y a des gens dormant dans leur maison et qui sont inconscients. Les autorités fouillent (les maisons) aussi. Nous travaillons à amener les gens à l'hôpital», a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) le Dr B K Naik, coordinateur des hôpitaux du district, en indiquant que le bilan humain pourrait être beaucoup plus lourd.

La police a fait état d'au moins cinq morts, dans un premier bilan provisoire.

Une réaction chimique

Le gaz «avait été laissé là à cause du confinement. Cela a mené à une réaction chimique. De la chaleur est apparue dans les réservoirs et le gaz a fui», a déclaré un responsable de la police. L'Inde est actuellement confinée depuis la fin mars pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

«Nous avons reçu un appel d'urgence de villageois autour de 3h30 du matin aujourd'hui [mercredi minuit en Suisse, ndlr]. Ils disaient qu'il y avait du gaz dans l'air», a-t-il poursuivi. «Nous sommes arrivés immédiatement sur place. On pouvait sentir le gaz dans l'air et il n'était possible à aucun d'entre nous de rester là plus de quelques minutes.»

Lire aussi: Tragédie de Bhopal: condamnations minimales

L'Inde a été le théâtre en décembre 1984 d'un des pires accidents industriels de l'histoire, lorsque 40 tonnes de gaz s'étaient échappées d'une usine de pesticides de la ville de Bhopal (centre). Quelque 3500 personnes avaient péri en quelques jours, principalement dans des bidonvilles situés autour de cette usine d'Union Carbide, et des milliers d'autres dans les années qui ont suivi.