Jacques Attali n’en démord pas. Pour l’ancien conseiller spécial de François Mitterrand, homme clé de la passation de pouvoirs le 20 mai 1981 entre ce dernier et son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing, les promesses du 10 mai ont été tenues. Pas de trahison politique ultérieure, lors du tournant de la rigueur en 1983: «Les grandes réformes sociétales et culturelles décidées dans la foulée n’ont pas été remises en cause ensuite», estime-t-il. De fait: l’abolition de la peine de mort, le prix unique du livre, l’impôt sur les grandes fortunes, la cinquième semaine de congés payés, la retraite a 60 ans… Ce «socle» de 1981 n’a pas été déboulonné. Mieux, malgré les trois dévaluations successives du franc français entre 1981 et 1983, une partie des grandes orientations économiques restent aussi défendables, selon Jacques Attali: «Quoi qu’on en dise, les nationalisations ne furent pas un échec. Les entreprises concernées étaient en quasi-faillite. Il fallait les remettre sur les rails.»

A lire aussi: Le 10 mai 1981 et le doux poison de la désillusion