De 34 à 35% pour les islamistes modérés de l'AKP; autour de 20% pour le CHP, le Parti républicain du peuple (gauche kémaliste). Et puis c'est tout! Hier soir, les premières estimations ne donnaient aucun des 16 autres partis en lice au-dessus des 10%. Un dixième des suffrages exprimés, c'est pourtant le minimum requis pour être représenté au parlement. Un seuil particulièrement élevé: d'ordinaire, les systèmes électoraux exigent entre 1 et 5% des suffrages seulement, particulièrement quand la représentation est «à la proportionnelle».

A l'origine, l'idée était de garder hors du parlement les éventuels partis «kurdes». Le Dehap (Parti du peuple démocratique pro-kurde) n'était effectivement crédité hier soir que de quelque 6% au niveau national, alors qu'à Diarbakir, principale agglomération du Kurdistan de Turquie, il s'envolait à 57%.

Partis en tête privilégiés

En projection de sièges à l'Assemblée, les premiers résultats donnaient un parlement très nettement dominé par l'AKP avec 360 députés contre 190 pour le CHP. Les résultats doivent encore s'affiner, mais il paraît clair que le système en vigueur privilégie les partis arrivés en tête. Les voix de ceux n'ayant pas passé la barre des 10% sont automatiquement reversées au profit des deux partis les mieux lotis… A terme, l'AKP pourrait finalement se retrouver avec une majorité des deux tiers, soit 367 députés… De quoi modifier le régime républicain. puisqu'une telle majorité leur donnerait la possibilité de modifier la Constitution et donc de toucher aux assises fondamentales du régime.