Ce n’est pas que les Chiliens l’attendaient, mais la survenue de ce séisme de 8,8, l’un des plus puissants de l’histoire, n’est pas une surprise pour eux. Et, comme toujours, plusieurs répliques ont été ressenties: durant les deux heures et demie qui ont suivi l’événement de 90 secondes, le service géologique américain (USGS) en avait déjà répertorié 11, dont cinq de magnitude 6 ou plus.

L’épicentre du séisme est situé sur la «ceinture de feu du Pacifique», un alignement de 452 volcans qui entoure le grand océan, et coïncide avec les limites de plaques tectoniques. Au Chili, c’est la plaque marine «Nasca», s’étendant à l’ouest du continent, qui glisse sous la plaque «Amérique du Sud», les deux se rapprochant de 8 cm par an. C’est ce que les géologues nomment une «zone de subduction». «Ce sont les régions les plus exposées aux risques sismiques et aux tsunamis», explique Rolando Armijo, de l’Institut de physique du globe, à Paris.

Aucun changement global

Depuis 1973, le Chili a connu 13 tremblements de magnitude 7 ou plus, selon l’USGS. «La zone connaît un séisme de 8 tous les dix ans», estime Rolando Armijo. Mais celui qui reste dans toutes les mémoires date de 1960. Un tremblement de terre de magnitude 9,5, le plus important jamais mesuré, rompt plus de 1000 km de contact entre ces deux mêmes plaques, causant 1600 morts; il avait généré un tsunami qui avait atteint Hawaï, le Japon et les Philippines, tuant 61 personnes. Samedi, une alerte au tsunami a aussi été lancée dans les pays bordant le Pacifique; elle a été levée dimanche.

L’échelle de mesures étant logarithmique, le récent séisme a relâché une énergie environ 1000 fois plus grande que celui qui a atteint Haïti le 12 janvier, de magnitude 7 à 7,3. D’aucuns tentent même d’établir un lien: «En comparaison avec la période 1970-1990, la Terre a été plus active durant les 15 dernières années, remarque Stephen Gao, géophysicien à l’Université du Missouri, sur le site LiveScience . Nous n’avons pour l’instant pas d’explication. Peut-être s’agit-il simplement d’une variation temporelle du champ de stress dans la lithosphère», la croûte de la Terre. Ramon Arrowsmith (Université d’Arizona) estime qu’«avec nos moyens de communication, nous entendons plus parler des séismes, qui nous semblent donc plus fréquents. Mais ce n’est probablement pas l’indication d’un changement global