Vahid, 16 ans; Delara, 17 ans; Soghra, 13 ans; Mohammad, 15 ans; Hedayat, 14 ans: tous et toutes sont en passe d'être exécutés en Iran. Amnesty International a recensé 138 de ces condamnés à mort, mineurs au moment des faits qui leur sont reprochés. Quatre d'entre eux doivent être pendus dans les jours qui viennent, trois sont accusés de meurtre. Vingt-quatre ONG, dont Amnesty International, Terre des hommes ou encore Human Rights Watch, ont lancé mardi un appel aux autorités iraniennes afin de les sauver.

«La Conventions des Nations unies relative aux droits de l'enfant interdit la peine capitale ou l'emprisonnement à vie pour des infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans», rappelle Jean Zermatten, directeur de l'Institut international des droits de l'enfant. Si les Etats qui exécutent encore des mineurs se justifient souvent en invoquant la majorité au moment de la mise à mort, c'est bien l'âge qu'avaient les jeunes le jour du crime qui compte aux yeux de la loi.

«Lorsqu'un enfant est victime, le consensus est immédiat dans l'opinion publique. Lorsqu'il est accusé d'être coupable, c'est beaucoup plus délicat, relève Bernard Boëton, responsable du secteur droits des enfants à Terre des hommes. Une idée répandue veut qu'un mineur ayant tué a commis un acte que seul un adulte peut perpétrer et qu'il doit donc être puni comme tel. C'est inacceptable; un crime ne peut en justifier un autre.»

«Réparations»

En 2005, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé de ne plus condamner à mort les délinquants mineurs. Trois considérations ont motivé cet arrêt: l'immaturité d'un enfant, sa vulnérabilité et «l'absence de preuve qu'il est irrécupérable». En Iran, les autorités louvoient en distinguant les «réparations» des «exécutions». Ainsi, la «réparation» prévue en cas de meurtre est la peine capitale. Elle peut être appliquée aux filles dès l'âge de 9 années lunaires et aux garçons dès 15 années lunaires, tandis que les exécutions ne concernent que les personnes majeures. La famille de la victime peut accepter une indemnisation.

Louise Arbour, haut commissaire sortante des Nations unies pour les droits de l'homme, a «engagé le gouvernement iranien à ajourner les quatre exécutions» à venir. Les ONG, elles, demandent l'abolition.