Un navire marchand turc battant pavillon panaméen, qui a secouru hier 154 immigrés clandestins à la dérive, est bloqué depuis hier au sud de l’île italienne de Lampedusa, au sud-ouest de la Sicile mais dans la zone d’intervention maltaise, les gouvernements des deux pays refusant d’accueillir les migrants.

Les autorités maltaises avaient demandé à l’équipage du navire de gagner le port le plus proche, en l’occurence celui de Lampedusa. Mais Rome a estimé que les immigrés avaient été secourus dans la zone d’intervention et de compétence maltaise, et que c’était donc à La Valette de les accueillir.

Patate chaude

«J’ai demandé et je continuerai de demander à Malte d’assumer les responsabilités qu’elle s’est engagée à respecter en signant des accords internationaux, et qu’elle refuse d’assumer au détriment de l’Italie», martèle le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni, ajoutant que les zones d’intervention étaient bien définies mais que «souvent ceux qui doivent intervenir ne le font pas».

«Les critiques sévères de M. Maroni sont inacceptables», a réagi son homologue maltais, Carmelo Mifsud Bonnici, citépar l’agence Ansa, «l’Etat maltais ne peut pas accepter des immigrants qui sont secourus à proximité des côtes italiennes. Ces quarante-cinq dernières années, l’Italie a respecté l’accord qui prévoit de conduire les migrants sauvés en mer au port le plus proche. Nous voyons que l’Italie tente de changer les règles et c’est inacceptable».

L’Italie a vu débarquer sur ses côtes 36’900 immigrés en 2008, un chiffre en hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère italien de l’Intérieur. Lampedusa redoute de devenir la porte d’entrée privilégiée par les clandestins venus d’Afrique pour gagner l’Europe.

De son côté, Malte a vu arriver un nombre record de 2’775 clandestins en 2008.