«Parce que nous avons agi, le gouvernement irakien n'est plus une menace pour le monde ni pour son propre peuple. Aujourd'hui, le peuple irakien prend en charge sa propre destinée (…) Et nous voyons des signes d'espoir dans tout le Grand Moyen-Orient.» George Bush n'a pas cherché, samedi, à répondre aux dizaines de milliers de manifestants anti-guerre qui ont battu le pavé à Washington, Londres, Ottawa ou Rome pour dénoncer les méfaits de l'intervention militaire en Irak déclenchée voici tout juste deux ans, dans la nuit du 19 au 20 mars 2003. Au contraire: le président américain, conforté par les sondages qui montrent qu'une majorité de ses concitoyens jugent «légitime de finir le travail à Bagdad», a parlé avenir. L'invasion de l'Irak a été menée pour «désarmer un régime brutal, libérer son peuple et défendre le monde contre un grave danger», a-t-il ajouté.

Pas question, en somme, de faire marche arrière sur le plan politique. D'autant que les tractations en cours à Bagdad au sein des principaux partis peuvent encore réserver des surprises.

Allaoui courtisé

Les chiites et les Kurdes, majoritaires au sein de l'Assemblée nationale élue le 30 janvier et réunie pour la première fois mercredi 16 mars, ont encore essayé ce week-end de rallier à leur cause le premier ministre sortant Iyad Allaoui, tenant d'une ligne laïque, plurireligieuse et pluriethnique. Allaoui, protégé de la Maison-Blanche, aurait exigé que les discussions se poursuivent jusqu'à mardi, en prétextant du Nouvel An kurde célébré ce dimanche. S'il décidait, in extremis, de rejoindre le gouvernement ou d'y envoyer des élus de sa liste arrivée en troisième position avec moins de 15% des voix, l'administration américaine se verrait rassurée. Elle disposerait ainsi d'un levier sur Ibrahim al-Jafaari, le candidat des chiites au poste de premier ministre.