Afrique

Sous-peuplé? Surpeuplé?

> Cinquante ans d’indépendance

«Trois ou quatre cents millions de Noirs et moi et moi et moi», composait Jacques Dutronc en 1966. Aujourd’hui, les chiffres ont changé. Les villes ont vu leur population sextupler. La barre fatidique du milliard a été passée en 2009. En 2050, elle aura doublé. Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, exemplifie la poussée démographique: 35 millions en 1960, 158 millions 50 ans plus tard. Mais au nord, le Niger, plus vaste, dont les femmes détiennent pourtant le record mondial de fertilité (7,4 bébés en moyenne chacune), paraît vide: 15,8 millions d’âmes.

Alors l’Afrique, sous-peuplée ou surpeuplée? Angelo Barampama, professeur de géographie africaine à l’Université de Genève, remet les choses dans leur contexte: vers 1650, les Africains représentaient environ 20% de la population mondiale. Les traites négrières et la colonisation ont perturbé leur croissance démographique alors qu’en Europe et aux Etats-Unis les populations s’accroissaient. Depuis les indépendances, les Africains corrigent le tir alors qu’ailleurs les taux de natalité baissent. Cette progression, continue le professeur, est donc normale: la part de la population du continent noir dans le monde, 9% en 1960, se rétablira autour des 20% vers 2050. Et Angelo Barampama de poursuivre: «Un milliard de personnes sur 30 millions de km2, ce n’est pas forcément beaucoup.»

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