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Nucléaire iranien: entente sur les points clés en vue d’un accord

EN DIRECT. Les six puissances mondiales (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) annoncent avoir trouvé des «solutions sur les paramètres clés» en vue de la rédaction d’un accord final sur le nucléaire iranien. Elles négocient avec les Iraniens depuis le 26 mars à Lausanne

■ 20h45. Ce que signifie l’accord sur le nucléaire

C’est fait ! L’accord de principe est tombé ! On n’osait plus y croire tant l’attente a été longue. Mais un accord de base a finalement été trouvé à Lausanne sur le programme nucléaire iranien. Après huit jours d’âpres discussions dans les salons feutrés de l’Hôtel Beau-Rivage, les délégations de l’Iran et des six pays impliqués dans les négociations (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) ont annoncé lors d’une conférence de presse commune à 19 heures 40 qu’un pas décisif avait été fait: Téhéran ayant accepté de limiter ses capacités d’enrichissement de l’uranium, les sanctions contre l’Iran pourront être progressivement levées, à condition que le gouvernement iranien tienne ses engagements.

Selon les négociateurs, cette entente de principe ouvre la voie à un accord définitif qui sera signé avant la fin juin. Le compromis agréé constitue un cadre qui permettra de régler les points de détails d’un dossier extraordinairement complexe. En fait, le compromis trouvé ne marque pas la fin de l’histoire. Au contraire, il ouvre sur de nouvelles discussions, qui promettent d’être difficiles. La rédaction du texte détaillé pourrait débuter de suite selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif : «solutions trouvées, nous sommes prêts à commencer la rédaction immédiatement».

Dans tous les cas, il ne faut pas se méprendre. Même si les délégations ne communiquent sur les grandes lignes de ce qui a été convenu, même si des écueils subsistent avant la signature formelle de l’accord complet avant le 30 juin, ce qui a été réalisé à Lausanne est déjà historique. John Kerry, le Secrétaire d’État des États-Unis, l’affirme : «C’est un grand jour», une nouvelle page s’ouvre dans les relations entre l’Iran et le reste du monde. (Boris Mabillard)

■ 20h35. Barack Obama salue une entente «historique»

Le président américain a commenté l’accord conclu jeudi, à Lausanne, sur le nucléaire iranien. Barack Obama salue une entente «historique». Mais il promet des «vérifications sans précédent» sur le respect des modalités de l’accord. La communauté internationale se réserve le droit de rétablir les sanctions qui frappent l’Iran en cas de non respect.

■ 20h30. Un succès diplomatique

De quoi parle-t-on? Les grandes puissances et l’Iran sont parvenus à s’entendre à Lausanne sur les «paramètres clés» pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin, ont annoncé jeudi les dirigeants occidentaux et iranien.Cette annonce couronne huit jours d’un incroyable marathon diplomatique, où les négociateurs ont discuté jour et nuit pour parvenir à arracher un compromis historique avant un accord final.

Dans le détail. Selon les premiers éléments divulgués de ce pre-accord, la capacité d’enrichissement d’uranium de l’Iran devra être réduite et l’Iran maintiendrait 6000 centrifugeuses en activité (contre 19’000 actuellement). Les sanctions américaines et européennes seront levées en fonction du respect des engagements de l’Iran. Selon l’ONU, elles seront levées graduellement dès le début du travail des inspecteurs.

- Natanz sera la seule centrale autorisée à l’enrichissement d’uranium. La centrale de Fordoz sera convertie en centre de recherche. Celle d’Arak ne pourra plus produire de pultomium à des fins militaires. Enfin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pourra effectuer ses contrôles avec du matériel plus moderne. Par ailleurs, l’Iran participera au programme nucléaire civil international

Pourquoi un accord? La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s’assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions internationales qui étranglent l’économie iranienne. Mais la négociation, relancée en 2013 après des années de crise, butait depuis des mois sur des points clés: la durée d’un accord, que les grandes puissances voulaient initialement voir en vigueur pendant 15 ans, le nombre de centrifugeuses, machines qui permettent d’enrichir l’uranium, et les modalités de levée des sanctions.

20h07. Les détails clés de l’accord

A l’issue de la lecture d’une déclaration commune, la cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.Mogherini ont convenu...

- L’Union européenne et les Etats-Unis abandonnent les sanctions liées au nucléaire qui frappent l’Iran. Selon l’ONU, elles seront levées graduellement dès le début du travail des inspecteurs.

- Natanz sera la seule centrale autorisée à l’enrichissement d’uranium. La centrale de Fordoz sera convertie en centre de recherche. Celle d’Arak ne pourra plus produire de pultomium à des fins militaires. Enfin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pourra effectuer ses contrôles avec du matériel plus moderne.

- L’Iran participera au programme nucléaire civil international

- L’accord sera finalisé à la fin du mois d’ici la fin du mois de juin 2015.

20h00. Barack Obama s’exprimera à 20h30 (heure suisse)

La Maison-Blanche a annoncé que le président américain prendra la parole pour commenter l’issue des pourparlers sur le nucléaire iranien

19h50: L’UE et les Etats-Unis lèvent les sanctions contre l’Iran

«Un grand jour», dixit John Kerry. Les Etats-Unis et l’Union européenne annoncent la levée des sanctions qui frappent l’Iran

La cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. (Twitter)

19h30. La durée de l’accord sur le programme iranien sera de 10 ans

La presse iranienne indique par ailleurs que Téhéran maintiendra 6000 centrifugeuses sur les 19’000 que comptent le pays

Les six puissances mondiales (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne) annoncent avoir trouvé des «solutions sur les paramètres clés» en vue de la rédaction d’un accord . (FK)

19h00. «De bonnes nouvelles»

A l’heure où doit débuter la conférence de presse sur les négociations, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif annonce sur Twitter que «des solutions ont été trouvées» et qu’il était «prêt à rédiger un premier jet» d’un accord sur le nucléaire.

18h45. Vers un accord?

Les journalistes arrivent au Learning Center de l’EPFL pour la conférence de presse des négociations sur le nucléaire iranien. Le périmètre est bouclé avec de nombreux iraniens attroupés à l’entrée pour assister à cet évènement de portée historique. Les services de sécurité iraniens et américains se mélangent à la police vaudoise, toujours débonnaire. Les conseillers vaudois Pascal Broulis, Pierre-Yves Maillard et Anne-Catherine Lyon ainsi que le président de l’EPFL, Patrick Aebischer, sont aussi présents. Sur la tribune, il y a les drapeaux chinois, français, allemand, européen, iranien, russe, britannique et américain.

Sur Twitter, le message du président iranien Hassan Rouhani laisse entrevoir la perspective d’un accord:

Federica Mogherini, haute représentante pour la politique extérieure et la sécurité de l’Union européenne tweete:

La tribune de la conférence de presse installée au Learning Center de l’EPFL (Twitter)

17h05. Conférence de presse en préparation

Le DFAE annonce aux journalistes un service de bus pour se rendre au Learning Center de l’EPFL pour une conférence de presse qui se tiendra à 19heures sur les «négociations nucléaires» avec l’Iran donnant l’espoir d’une percée dans les discussions. Les négociateurs avaient prévu au terme de leurs discussions marathon entamées le 26 mars dernier, de tenir une conférence de presse, quel que soit le résultat de la négociation, et les autorités suisses ont mis à leur disposition un centre de conférence universitaire.

17h00. Lavrov: «Il ne reste que quelques pas»

Après les «derniers mètres» de Fabius, il est question des «derniers pas» selon Lavrov.

Les grandes puissances et l’Iran sont à «quelques pas» d’un accord sur le nucléaire iranien, affirme le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. «Les questions qui sont discutées en ce moment sont proches d’aboutir à un accord», a déclaré le chef de la diplomatie russe depuis la capitale du Tadjikistan, Douchanbé, où il assistait à une réunion internationale sur la sécurité. «Littéralement, il ne reste que quelques pas à faire. Sur certains points, ce sont même des demi-pas et certains détails ont été réglés», a-t-il ajouté sans préciser quelles sont les divergences qui subsistent.

14h30 . Un petit échange belliqueux pour tuer le temps

Mardi, le nouveau secrétaire américain à la Défense Ashton Carter déclarait que «l’option militaire restera bien sûr sur la table» en cas d’échec des discussions en Suisse. «S’il peut y avoir un bon accord, il est évident que cela vaut la peine d’attendre et de conclure les négociations», ajoutait-il. Ce jeudi, la presse iranienne cite le général Hossein Dehghan pour qui ces déclarations «confirment la méfiance de la République islamique à l’égard des Etats-Unis». Il accuse au passage son homologue américain de «souffrir d’Alzheimer» en oubliant les «défaites passées et récentes de l’Amérique dans la région et dans le monde». L’Iran est «prêt à répliquer à un acte hostile à tout instant et dans toute situation», a-t-il affirmé.

13h30. Trois heures trente de répis. Et cela repart!

Les journalistes qui twittent depuis le palace Beau-Rivage font le décomptent: John Kerry et Mohammad Javad Zarif ont poursuivi leurs discussions nocturnes jusqu’à six heures du matin. Puis ils ont repris les négociations à 9h30. Cela veut dire que les deux hommes n’ont eu que trois heures et demi de répis avant de redémarrer leur marathon en compagnie des autres ministres. Une session plénière a débuté à 11h30.

11h15. Sizdah bedar: le bon jour pour un accord?

Ce 2 avril en Iran, c’est jour de fête. Treize jours après le Nouvel an perse (Norouz), on célèbre Sizdah bedar. « C’est un peu comme votre Noël», m’expliquait en début de semaine Hanif Ghaffari, journaliste iranien dépêché à Lausanne pour couvrir les négociations sur le nucléaire. « Tout le monde sort en famille pour pique-niquer. » La quarantaine de journalistes iraniens espérait plus que tout autre un accord au 31 mars, date butoir des discussions, pour être de retour chez soi le jour des célébrations. Ce jeudi, ils sont toujours coincés entre le palace Beau-Rivage et la salle de presse du Musée olympique. Est-ce le bon jour pour sceller un accord ? Pas si sûr. Ce treizième jour de la nouvelle année est aussi associé au chaos... C’est d’ailleurs pour éviter la malchance associée au chiffre treize que les Iraniens sortent de chez eux. (F.K.)

9h30. Négociateur iranien: «La lumière à l’horizon»

Le négociateur iranien Ali Akhbar Salehi déclare que les discussions sont proches du dénouement, et qu’on aperçoit «la lumière à l’horizon» après une nouvelle nuit blanche de négociations avec les grandes puissances. «On a fait beaucoup de progrès, on aperçoit la lumière à l’horizon», a déclaré le responsable des questions techniques au sein de la délégation iranienne.

■ 9h00. Fabius: «Les derniers mètres sont les plus difficiles»

Lausanne est sans doute en train de vivre l’un des épisodes les plus intenses de l’histoire diplomatique de ces dernières décennies. Après une nouvelle nuit blanche de négociations, les négociations se poursuivent ce matin à Lausanne. John Kerry et Mohammad Javad Zarif ont poursuivi jusqu’à six heures du matin leurs entretiens. Laurent Fabius est de son côté retourné à Lausanne peu avant minuit. «On est à quelques mètres de l’arrivée, quelques dizaines de mètres mais on sait aussi que ce sont toujours les plus difficiles, a expliqué le ministre français des Affaires étrangères. Son homologue allemand Franz-Walter Steinmeier a annulé à la dernière minute un déplacement prévu dans les Etats baltes pour poursuivre les négociations. Toute la nuit, les discussions bilatérales, entre experts et hauts diplomates se sont enchaînées. «Nous bougeons», s’est contenté de dire le ministre iranien des Affaires étrangères.

La journée du 1er avril

21h00. Zarif appelle à saisir une occasion historique

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a exhort les grandes puissances à «saisir le moment» pour parvenir à un accord sur le nucléaire, soulignant que cette occasion ne se répèterait peut-être pas. «Il est temps pour nos partenaires dans la négociation de saisir le moment et l’opportunité (d’un accord) qui ne se répètera peut-être pas», a-t-il déclaré alors que les tractations s’éternisent. «Nos amis doivent décider s’ils veulent discuter avec l’Iran sur la base du respect ou s’ils veulent continuer sur la base de la pression», a-t-il poursuivi, pressant les grandes puissances de «choisir une nouvelle voie face au peuple iranien». «Sur de nombreuses questions, nous avons trouvé des solutions, mais il y a plusieurs points sur lesquels il y a des hauts et des bas... Nous discutons en même temps avec six pays qui ont des intérêts différents, des positions différentes, des relations différentes avec la République islamique, ils ont parfois (entre eux) des différences de vue», a-t-il fait valoir. De son côté, John Kerry fait savoir qu’il reste à Lausanne au moins jusqu’à jeudi matin.

19h30. Washington voit des progrès

La Maison Blanche a affirmé que les discussions sur le programme nucléaire iranien en cours à Lausanne étaient «productives», sans se prononcer sur la durée pendant laquelle elles pourraient encore se prolonger. «Nous avons le sentiment que les discussions continuent à être productives (...) et nous continuons à faire des progrès», a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l’exécutif américain, précisant que le président Barack Obama était tenu régulièrement informé. Interrogé sur la durée possible des négociations, qui devaient initialement s’achever mardi mais ont été prolongées, M. Earnest est resté évasif, soulignant que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention d’y mettre fin «de manière abrupte ou arbitraire» tant que des progrès étaient enregistrés.

■ 16h00. Le général Guisan comme source d’inspiration? (commentaire)

« Confiance et courage ». C’est la devise inscrite sur le socle de granit de la statue équestre du général Guisan qui trône au centre du parc arboré jouxtant le palace Beau Rivage. Les ministres et négociateurs des nations réunies à Lausanne pour entériner un accord sur le nucléaire iranien n’y ont probablement prêté aucune attention. C’est pourtant bien de cela qu’il retourne dans leurs interminables échanges. La confiance et le courage font toujours cruellement défaut pour arracher un accord de portée historique. C’est la principale explication aux incessants va-et-vient des diplomates qui promettent tout à la fois un accord à bout touchant et soulignent des obstacles nombreux et sérieux empêchant de finaliser leur travail. Après six jours enfermés dans cet hôtel de luxe, Iraniens, Américains, Russes, Chinois, Français, Allemands et Anglais sont comme paralysés. Les détails d’ordre technique permettant le gel des activités nucléaires iraniennes, que l’on croyait acquis avant cette rencontre, sont soudain remis en question. Les engagements politiques pour jeter les fondements d’un accord détaillé d’ici le premier juillet font défauts. Soupçonné de vouloir signer trop vite un compromis, Washington est désormais sur la retenue. Fin négociateurs, les Iraniens jouent la montre sans que personne ne sache, en dernier ressort, ce que le guide suprême, Ali Khamenei, est prêt à abandonner en échange du retour de son pays dans la communauté internationale. Les Européens ont-ils seulement une position commune ? Les Chinois poussent à un accord, mais se montrent sourcilleux sur le respect des règles de l’ONU. Et puis, il y a les Russes et les Français, sorte de faux amis dans cette partie de poker. Moscou est un allié de Téhéran. Mais est-ce vraiment dans son intérêt de voir l’Iran et ses hydrocarbures se dégager des sanctions au risque de faire chuter davantage le cours du pétrole ? Paris est avec Washington. Mais la France a-t-elle vraiment digéré l’affront du refus américain de frapper la Syrie ? Sa diplomatie qui s’est rangée résolument du côté des puissances sunnites (Arabie saoudite, Egypte, Etats du golfe) est-elle disposée à donner plus de poids à la principale puissance chiite ? Cette négociation est d’une telle complexité, les intérêts des uns et des autres si contradictoires, qu’un accord relève presque du miracle. C’est pourtant le seul espoir dans un Moyen-Orient qui sombre dans le chaos : celui de stabiliser une région dont l’un des acteurs, l’Iran, a trop longtemps été ostracisé. Lui redonner la place qui lui revient dans le concert des nations est l’une des clés de la résolution des conflits qui mènent en ce moment le monde musulman au suicide collectif. Les Etats-Unis et l’Iran ne sont-ils pas déjà alliés de circonstance en Irak ? Ils se retrouvent dans le même temps en confrontation au Yémen. A coup sûr, un accord sur le nucléaire changerait cette dynamique même si personne ne peut prédire pour quel bénéfice. Toutes les parties à la négociation le pressentent. C’est dans leur intérêt. Mais la confiance pour faire le pas n’est toujours pas là. Le courage de faire face à son opposition interne ou à ses alliés contrariés manque. (Frédéric Koller)

15h00. Nouvelle mise en garde de Netanyahou

Mercredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé une nouvelle fois la communauté internationale à «insister pour obtenir un meilleur accord» avec l’Iran. Le premier ministre israélien avert que «les concessions faites à l’Iran» à Lausanne risquaient de déboucher sur «un mauvais accord qui mettrait en danger Israël, le Moyen-Orient et la paix dans le monde». Le chef des négociateurs iraniens a fait état mercredi de «problèmes» persistants et rejeté l’idée d’un accord sans «un cadre pour la levée de toutes les sanctions» imposées à Téhéran, en citant les sanctions, la recherche et le développement comme étant les principales pierres d’achoppement. Selon Paris, les négociations ont «avancé, mais pas encore suffisamment» pour conclure un accord.

11h30. Fabius et Lavrov partent, les négociations se poursuivent

Sergeï Lavrov et Laurent Fabius ont quitté Lausanne quand bien même les négociations se poursuivaient mercredi matin au-delà de la date butoir du 31 mars. Côté iranien, on souffle toujours le chaud et le froid. Le ministre des affaires étrangères Javad Zarif explique que l’on est proche d’une solution et qu’un accord sera rédigé en fin de journée. Un diplomate allemand explique pour sa part à l’AFP que durant la nuit «les discussions ont coincé sur plusieurs questions importantes». «Des progrès significatifs ont été accomplis ces derniers jours, mais cela avance encore lentement», déclare de son côté le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond. Les Etats-Unis insistent sur la nécessité d’un accord politique préliminaire pour poursuivre le processus devant aboutir à un accord détaillé d’ici fin juin. La partie chinoise appelle pour sa part à faire le dernier effort nécessaire pour un compromis final. Bref à J + 1, le flou reste total.

■ 8h. Laurent Fabius: «Je crains qu’on y passe la nuit»

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déclaré mardi soir à Lausanne que les pourparlers sur le nucléaire iranien «avançaient» mais qu’ils étaient «longs, difficiles et compliqués». Il a prédit qu’ils se poursuivraient durant la nuit. Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a lui quitté la ville lémanique.

«Son adjoint reste», a indiqué une source occidentale, sans préciser les raisons du départ du ministre.

«On avance, mais c’est compliqué, c’est long, c’est difficile, et je crains qu’on y passe la nuit», a déclaré de son côté Laurent Fabius.

Les Etats-Unis s’étaient auparavant dits prêts à poursuivre les discussions au-delà de la date butoir, fixée ce mardi à minuit, à condition qu’elles soient productives. Un négociateur iranien a par ailleurs assuré qu’elles allaient se poursuivre jusqu’à la conclusion d’un accord.

Les évènements jusqu’au 31 mars

■ «Il manque une personne ici: c’est l’Ayatollah Khamenei»

Le New York Times cite un diplomate qui pose la seule vraie question qui compte pour comprendre le va-et-vient de ces négociations: «Il manque une personne ici: c’est l’Ayatollah Khamenei. Nous ne savons pas ce qu’il pensera des dispositions» de l’accord. Khamenei est le guide suprême de la révolution iranienne sans l’aval duquel rien ne peut être validé du côté iranien. Mais contrairement à Barack Obama, il est impossible de savoir ce qu’il attend de cette négociation.

■ L’axe Lausanne-Yémen-Iran menacerait la paix mondiale.

C’est Benyamin Netanyahou, le plus virulent opposant à tout accord sur le nucléaire iranien, qui a utilisé cette expression dimanche: un axe, Lausanne-Yémen-Iran, menacerait la paix mondiale. Cela n’apparaît pas à une oreille francophone, mais mon collègue israélien pro-Nétanyahou, Boaz Bismuth, souligne la dimension poétique du premier ministre israélien puisqu’en hébreu tout cela rime parfaitement. On prononce: Lausane, Témane, Irane. La formule fait flores en Israël.

■ Des questions «non résolues»

Il y a toujours des questions «non résolues», a déclaré mardi un haut négociateur iranien, Hamid Baïdinejad, en ajoutant que l’Iran était prêt à continuer les discussions avec les grandes puissances à Lausanne. «Il y a encore des questions non résolues. Nous nous concentrons sur ces questions. Des solutions ont été proposées aux parties, elles ont fait leurs commentaires, il y a des échanges, mais le processus doit continuer jusqu’à arriver à une solution», a déclaré M. Baïdinejad aux journalistes.

Un haut responsable américain a déclaré un peu plus tôt que les négociations de Lausanne pourraient se poursuivre mercredi si des progrès sont enregistrés dans les heures qui viennent.

«Lorsqu’on parle de demain, cela peut être minuit ou trois heures du matin», a réagi M. Baïdinejad.

«Les négociations se termineront lorsque les solutions seront trouvées. Nous sommes prêts à continuer. Nous n’avons pas d’heures. Tout le monde pense que les efforts doivent continuer jusqu’à arriver à un accord», a-t-il encore dit.

■ Entre conservateurs

Boaz Bismuth est l’un des journalistes vedette d’Israël Hayom, le plus grand journal gratuit de l’Etat hébreu (tirage: un demi-million d’exemplaires). Masoud Bassiri est reporter pour la télévision Fogh, un média gouvernemental. Quand Massoud tend sa boîte de haricot en conserve iranien à Boaz, ce dernier le remercie en lui proposant du chocolat. «S’il savait que je travaille pour l’un des journaux les plus conservateurs d’Israël, je me demande quelle tête il ferait!», glisse-t-il. Je lui réponds que Masoud est lui-même tenu par ses confrères pour un conservateur. Un pro-Netanyahou qui fraternise avec un pro-Ahmadinejad pour faire simple. «Il n’y a qu’en Suisse qu’on peut voir cela», dit Boaz qui n’en fini plus de bailler, gagner par l’ennui d’une négociation sans fin. Masoud lui envoie un message par WhatsApp, histoire de tuer le temps. Le dialogue s’engage. «Je suis conservateur, tu es conservateur, mais on peut se parler», poursuit Boaz. Accord ou pas sur le nucléaire, ces deux-là ne seront pas venus pour rien.

■ Les négociations pourraient se poursuivre mercredi

Les négociations de Lausanne sur le nucléaire iranien pourraient se poursuivre mercredi si des progrès sont enregistrés dans les heures qui viennent, a indiqué mardi un haut responsable américain.

«Nos experts et diplomates travaillent sans relâche pour voir si nous pouvons parvenir à un accord. Nous continuerons bien sûr à travailler si nous continuons à faire des progrès, y compris demain, si c’est utile», a déclaré ce responsable du Département d’Etat. Théoriquement, la date butoir s’achève mardi à minuit.

■ Il n’y aura pas de Lausanne II

On ne sait pas encore comment l’appeler: un accord, un engagement, une feuille de route? Les négociations sur le nucléaire devraient s’achever sur une prise de position commune et publique dans la soirée. La seule chose qui paraît certaine est que celle-ci ne se tiendra pas au Palace Beau Rivage de Lausanne. Pourquoi? Tout simplement parce que c’est dans ce même hôtel que furent signé le 24 juillet 1923 les accords qui fondent la Turquie moderne – et du même coup mettent un terme à l’empire Ottoman, c’est-à-dire le dernier califat islamique.

Les Perses ne veulent pas d’un Lausanne II. De toute évidence, Lausanne n’est pas l’endroit idéal pour rétablir la grandeur de l’Iran. Les diplomates iraniens insistaient pour que cette «cérémonie» se tienne au Palais des Nations à Genève car l’accord sur le nucléaire implique l’ONU, et c’est dans cette ville que le processus a débuté. Trop compliqué sur le plan logistique, ce déplacement sera abandonné au profit d’un autre compromis: le Learning Center de l’EPFL, seul lieu dans la région de Lausanne ayant une salle suffisamment grande pour accueillir à la fois toutes les parties à la négociation et les centaines de journalistes venus du monde entier.

■ Arrivée de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé mardi après-midi à Lausanne pour rejoindre ses homologues du groupe 5+1 et de l’Iran pour tenter de finaliser un compromis historique sur le dossier nucléaire iranien. Sergeï Lavrov avait quitté Lausanne lundi avec la promesse de revenir s’il existait des «chances réalistes» d’un accord.

■ Atmosphère électrique

L’atmosphère devenait chaque heure un peu plus électrique. «Intense, intense», a résumé le négociateur russe Sergueï Ryabkov, sorti pour une pause cigarette dans le jardin du palace Beau Rivage, à Lausanne «J’espère que vous serez positivement surpris», a lancé le débonnaire négociateur aux journalistes, confirmant que son ministre Sergueï Lavrov serait de retour à Lausanne dans l’après-midi.

Sergueï Lavrov, qui avait quitté lundi la Suisse pour des questions d’agenda, va retrouver ses pairs américain, britannique, français, russe, chinois et allemand, sur place depuis plusieurs jours pour tenter d’arracher un compromis avec les Iraniens. Les ministres et leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif se sont de nouveau rencontrés mardi matin, après une courte nuit au cours de laquelle leurs experts ont continué à négocier pour tenter de venir à bout des dernières questions en suspens.

«Ce n’est pas réglé», a indiqué une source diplomatique, ajoutant que les discussions allaient se poursuivre toute la journée et qu’un accord restait possible. «J’espère qu’on aura quelque chose aujourd’hui», a déclaré une autre source proche des négociations, décrivant une atmosphère permanente de «montagnes russes».

■ Dernière ligne droite

Les négociateurs ont repris leurs discussions ce matin en ce derniers jours de pourparlers sur le nucléaire iranien. Les ministres américain, français, britannique, allemand et chinois ont commencé, en l’absence du ministre russe, une réunion interne, dans la perspective de régler les derniers obstacles avec la partie iranienne avant minuit ce soir.

■ Une incertitude totale

L’incertitude était encore totale lundi soir sur les chances de parvenir à un accord sur le nucléaire iranien avant la date butoir du 31 mars, et les tractations de Lausanne devaient se prolonger dans la nuit pour tenter de surmonter les derniers obstacles.

«Il y a toujours des points difficiles. Nous travaillons très dur pour les résoudre, nous allons travailler tard dans la nuit et demain, avec l’objectif de parvenir à quelque chose», a déclaré lundi soir le secrétaire d’Etat américain John Kerry à CNN, lors d’une pause dans les discussions.

«Il est vraiment temps maintenant de prendre des décisions» pour parvenir à une entente, a exhorté de son côté la porte-parole du Département d’Etat américain Marie Harf, estimant à «50/50» les chances d’un accord.

Dans la journée, un diplomate occidental avait déclaré qu’il était «maintenant temps de dire oui ou de dire non», résumant la frustration grandissante des négociateurs devant des discussions qui s’éternisent.

■ Ballade dans le parc du Musée olympique

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry effectue à 16h10 une ballade dans le parc du Musée olympique en compagnie du ministre britannique des affaires étrangères Philip Hammond, sous une importante escorte policière. Habitué des lieux, Kerry explique le panorama alpin à son homologue. Il semble que la séance plénière ayant débuté vers 15h30, de sources diplomatiques occidentales, ait été de courte durée.

■ Nouvelle session plénière

Une nouvelle session plénière a débuté vers 15h30, à l’exception de la partie iranienne. SergeÏ Lavrov, annoncé partant en fin de matinée, est donc toujours à Lausanne. Les négociations se poursuivent.

Trois points de blocage

Les négociations sur le nucléaire iranien bloquent toujours sur trois sujets majeurs. Soit la durée d’un accord, la levée des sanctions de l’ONU et un mécanisme de garantie permettant de vérifier que les engagements sont respectés, a affirmé lundi un diplomate occidental.

La levée des sanctions de l’ONU est un gros point de blocage. Les Iraniens voudraient les voir tomber dès la conclusion d’un accord. Or les grandes puissances veulent une levée graduelle de ces mesures liées à la prolifération nucléaire et prises depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Benyamin Netanyahou menace

Selon le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, l’accord en négociation à Lausanne consacre l’impunité de l’Iran au Yémen. «L’accord qui se profile à Lausanne envoie un message selon lequel non seulement on n’a pas à payer le prix de son agressivité, mais on en est au contraire récompensé», a affirmé Benyamin Netanyahou, en critiquant les grandes puissances qui «ferment les yeux» sur le soutien apporté par l’Iran aux forces rebelles chiites au Yémen.

Retour à la table des négociations

Les chefs de la diplomatie des grandes puissances et de l’Iran se sont à nouveau retrouvés lundi matin à Lausanne autour de la même table pour tenter de négocier un accord sur le nucléaire iranien. La réunion a duré un peu plus d’une heure, et aucune information n’a filtré de cette rencontre entre ministres, la première depuis une dernière session de négociations en novembre à Vienne. A la fin de la rencontre, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a toutefois fait savoir qu’il quittait Lausanne en raison d’engagements déjà prévus à Moscou.

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