Etats-Unis

Le gouvernement Trump, un repaire de multimillionnaires

Le président élu a bâti sa campagne sur la séduction des déshérités de la globalisation. Mais c’est bien à de grandes fortunes américaines qu’il a choisi d’attribuer des postes ministériels clés. Parce qu’il aime les gens riches qui réussissent

Avec la récente nomination de Rex Tillerson comme Secrétaire d’Etat, le gouvernement Trump commence à prendre forme. Et force est de constater que la plupart des hommes (et femmes) du président ont un point commun: ils sont très fortunés. Difficile du coup de suivre le milliardaire en chef quand il déclare vouloir lutter contre Wall Street, l’establishement et les élites, pour se rapprocher des oubliés de la croissance et des classes moyennes. Un problème? Pas pour Donald Trump. «Un journal m’a reproché de ne pas nommer des gens modestes. Pourquoi je ne l’ai pas fait? Parce que je veux des gens qui ont fait fortune!», a-t-il déclaré il y a quelques jours pendant son «Thank you Tour». Le message a au moins le mérite d’être clair.

Rex Tillerson, donc, a une fortune estimée à 151 millions de dollars. Mais il y a mieux. La plus riche de l’équipe est la ministre de l’Education Betsy DeVos, belle-fille du milliardaire fondateur du groupe de cosmétiques Amway: elle et son mari représentent la 88e fortune américaine au classement Forbes de 2016, avec un patrimoine estimé à plus de 5,4 milliards de dollars. Wilbur Ross, le ministre du Commerce, une figure de Wall Street surnommé le «roi des faillites», possède lui un patrimoine d’environ 3 milliards de dollars. Il est secondé par le banquier d’affaires Todd Ricketts, dont la famille possède le club de baseball des Chicago Cubs. Sa fortune? Un milliard de dollars. C’est ce que pèserait également Linda McMahon, ex-patronne de l’industrie des combats de catch WWE, à qui Donald Trump vient de confier les rênes de l’administration dédiée aux PME.

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On remonte ensuite un peu dans le classement, avec Steve Mnuchin, ancien dirigeant de Goldman Sachs devenu secrétaire au Trésor, dont la fortune est évaluée à 43 millions de dollars. Andrew Pudzer, le ministre du Travail, patron de la chaîne de fast-food CKE Restaurants, brasse lui aussi des millions et ne semble pas vraiment avoir l’intention de se battre pour rehausser le salaire minimum, comme il l’a lui-même déclaré. On continue? Ben Carson, pour l’instant seul Noir du gouvernement, a hérité du ministère du logement. Il disposerait de quelque 26 millions de dollars. Citons encore Elaine Chao, 20 millions de dollars de fortune, devenue secrétaire aux Transports, Jess Sessions, le ministre de la Justice, qui vaut 15 millions. Ou encore Rick Perry, dont Donald Trump vient de confirmer la nomination comme secrétaire à l’Energie. Moins riche mais pas à plaindre non plus.

Calculer l’ensemble de ces fortunes, additionnées aux quelque 10 milliards de dollars que Donald Trump déclare lui-même avoir (plutôt 3,7 milliards selon Forbes), donne le tournis. On s’approche d’un gouvernement à 21 milliards de dollars. Il aurait été de 36 milliards avec le roi du pétrole Harold Hamm, l’homme qui vaut 15 milliards de dollars, un temps pressenti comme ministre de l’Energie. Ce qui aurait représenté une somme supérieure aux PIB de 100 pays, s’était amusé à calculer il y a deux semaines Quartz.

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