états-Unis

Pas de trêve de Noël pour Donald Trump

Le président élu annonce la dissolution de sa fondation caritative, déjà sous enquête. Et doit faire face à une défection: son nouveau porte-parole renonce à son poste deux jours seulement après sa nomination

Donald Trump a passé des Fêtes studieuses dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. Le jour de Noël, il a annoncé vouloir dissoudre sa fondation caritative, pour éviter toute accusation de conflits d’intérêts. Il a aussi dû faire face à une défection dans son équipe: le directeur de la communication pour la Maison-Blanche, qu’il venait de nommer, a décidé de jeter l’éponge deux jours plus tard, dans des circonstances encore un peu obscures.

Samedi, c’est par un communiqué que le milliardaire a annoncé avoir l’intention de dissoudre sa fondation philanthropique, la Donald J. Trump Foundation, pour «éviter ne serait-ce que l’apparence d’un conflit d’intérêts». Donald Trump insiste sur le fait qu’elle a été très active ces dernières années, en aidant, grâce à plusieurs millions de dollars, des organisations dans le besoin qui œuvrent notamment en faveur des vétérans, des officiers de police ou d’enfants. Il précise vouloir poursuivre sa philanthropie d’une manière différente.

Informations financières lacunaires

Controversée, sa fondation est régulièrement montrée du doigt en raison de l’opacité qui entoure les sommes réellement utilisées à des fins caritatives. Selon le «Washington Post», la fondation, sous enquête, ne peut par ailleurs pas être dissoute avant la fin de l’investigation. Fin septembre, le procureur de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, lui avait ordonné de cesser de recueillir des dons. La Donald J. Trump Foundation n’est pas correctement enregistrée auprès du bureau des œuvres caritatives de l’Etat, et ne fournirait pas les informations financières nécessaires. Donald Trump ne donnerait lui-même pas d’argent à cette fondation. Un des principaux donateurs n’est autre que le couple McMahon, qui, précise encore le «Washington Post», lui a notamment versé 5 millions de dollars rien qu’entre 2007 et 2009. C’est justement à Linda McMahon que Donald Trump vient de confier les rênes de l’administration dédiée aux PME.

Première mise en ordre

C’est la première fois que le président élu, qui n’a pas encore officiellement transmis les rênes de son empire financier à ses fils, annonce faire de l’ordre dans des structures qu’il chapeaute pour marquer la limite entre son mandat présidentiel et ses activités d’homme d’affaires.

La veille de la diffusion du communiqué, Donald Trump s’était plaint sur Twitter que son fils Eric devait dissoudre sa propre fondation, la Eric Trump Foundation, et «ne pourrait plus récolter d’argent pour les enfants cancéreux», en raison d’un possible conflit d’intérêts avec sa présidence. «N’est-ce pas ridiculement honteux?» a-t-il écrit. «Il aime ces enfants, a récolté des millions de dollars pour eux, et maintenant il doit arrêter. Fausse réponse!»

Quelques jours plus tôt, ses deux fils aînés étaient dans le viseur des médias, accusés de monnayer l’accès à leur père pour les festivités liées à son investiture. Le Center for Public Integrity, qui regroupe des journalistes d’investigation, a souligné que leurs noms figuraient dans le board d’une toute nouvelle fondation caritative proposant, pour des sommes allant jusqu’à 1 million de dollars, de pouvoir par exemple participer à une réception privée avec Donald Trump. Une fois l’affaire révélée, les deux fils se sont retirés de cette fondation.

Un retrait surprenant

Ce week-end, Donald Trump a également dû gérer le cas Jason Miller. Nommé directeur de la communication de la Maison-Blanche, Jason Miller a décidé de renoncer à son poste deux jours plus tard. Il annonce officiellement vouloir consacrer plus de temps à sa famille, alors qu’il attend un deuxième enfant. Mais un autre élément entrerait en ligne de compte: il entretiendrait une liaison avec un autre membre de l’équipe de transition. C’est en tout cas ce qu’avance Politico. Jason Miller a dû faire face à de curieuses accusations sur Twitter de la part de A. J. Delgado, une avocate qui travaille dans l’équipe. Dimanche, elle a fini par effacer son profil sur le réseau social, dès que Jason Miller a annoncé qu’il n’irait pas travailler à la Maison-Blanche. Elle l’avait qualifié de «John Edwards version 2016», du nom d’un ex-sénateur de Caroline du Nord qui eu un enfant avec sa maîtresse.

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